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De l’art ou du ronchon ?
12 août 2009 by Thalie

La nouvelle a seulement été médiatisée hier, mais les faits datent du 2 Aout 2009. Date fatidique où La Joconde s’est pris un mug dans la face. Selon les sources, soit c’est le mug ET le thé qu’il contenait, soit le mug vide en terre cuite, soit le thé tout seul. Les médias anglais tiennent à préciser que c’était de l’English Breakfast. Avec un peu de chance, les Italiens vont dire que c’était du café. Bref.

Et c’était de la part d’une Russe, immédiatement plaquée au sol et embarquée pour être questionnée. Tout ça parce qu’on lui avait refusé la nationalité française, alors gros énervement. Ce qui, en toute logique, l’a conduite, plutôt qu’à pisser sur les marches de l’Elysée, à s’énerver sur le tableau d’un peintre italien.

Moi je pense qu’elle était simplement fort mécontente, la Russe, mais on évoque le Syndrome de Stendhal, pour faire joli. Appelé aussi Syndrome de Florence ou Hyperkulturemia (sublime mot), ça fait qu’en gros, les gens sensibles pètent les plombs devant tant d’art et de beauté, ce qui peut se comprendre par ailleurs. Perso, si je devais pleurer (déjà fait) ou jeter des mugs, ça serait pas devant / sur Mona Lisa, qui me laisse totalement de marbre, mais tous les goûts sont dans la nature. C’est sûr, c’est plus spectaculaire que la branche d’amandier (private référence).

Cet incident improbable et cocasse (enfin la Russe, elle doit pas trop rigoler présentement) vient à la suite d’une longue série d’attentats honteux perpétrés contre d’innocentes œuvres d’art: La Joconde s’est déjà vu jeter à la face de l’acide et des cailloux (pourtant elle n’est pas iranienne), c’est pour ça qu’elle a maintenant une petite vitre blindée. Sans compter les gens qui cassent des statues ou déchirent des toiles exprès - mais on n’a jamais vraiment d’explications de leurs gestes.

Et surtout sans compter ceux qui vandalisent mais que du coup on sait plus si c’est pas aussi de l’art de vandaliser l’art. Tel Graziano Cecchini, qui met du rouge dans LA fontaine de Rome ou des balles partout sur une place - jolis coups de com’, l’info a fait le tour du monde, mais rien d’abîmé, à part les nerfs de quelques flics. Telle Rindy Sam, un peu plus sauvage, qui a collé ses lèvres rouges sur une toile blanche qui valait deux millions. Elle a dit pour sa défense qu’elle n’avait pas pu s’empêcher et qu’elle avait juste fait un bisou. Cute.

En même temps, une toile toute blanche à deux millions, c’est tellement du foutage de gueule que ça mérite une petite touche artistique personnelle.

Plus d’infos: sur le syndrome de Stendhal, sur le mug dans la face de la Joconde, sur Graziano Cecchinisur Rindy Sam.

"C'est d'la balle"

"C'est d'la balle"

Photo volée .


16 Responses  
Alex writes:
12 août 2009 at 11:04

Graziano Cecchini a vraiment de bonne idées! Créer de l’art en pleine rue sans rien abimer ni rien déranger, moi j’appelle aussi ça du génie! Aprés tout, Christo est connu et reconnu dans le monde entier pour avoir emballer des monuments dans des toiles blanches, personne n’a crié au scandale, au contraire…

Pépette writes:
12 août 2009 at 11:10

heu… là… ben non, hein. la toile à deux millions, elle les vaut très largement, c’est un grand triptyque de Cy Twombly, un des plus grand peintres des XXe-XXIe siècle vivant, alors, respect. cette pétasse de Rindy Sam devrait honnêtement être enfermée et muselée à jamais. et encore, je pèse mes mots, je reste très courtoise, mais je pense que cette grue de bas étage a juste fait un coup de pub stupide et vulgaire. le rouge à lèvres en question est indélébile et la toile est morte. donc bon, hein, c’est un sujet sensible. le lâcher de mug de la russe, ça me parait bizarre qu’on l’ai laissé rentrer dans une salle du Louvre avec une mug pleine de thé… ???
du moment que les oeuvres ne sont pas abîmées, ou qu’elles le sont pour de vraies raisons, pourquoi pas! je n’ai rien contre les happenings, bien au contraire. pour les gens qui découpent, fracassent, brûlent ou pissent sur leurs toiles ou sculptures, si, si, je vous assure, il y a de très bonnes explications, mais ce serait un peu trop long à raconter dans un commentaire! faudrait chercher sur le Net, du côté du Performing Art, des Happenings et autres mouvements Fluxus…

Pépette writes:
12 août 2009 at 11:13

je précise que les toiles de Cy Twombly ne sont jamais “toutes blanches”… il y a toujours une trace de sa main, une infractuosité, un trait de crayon au moins… le problème, c’est que les journaleux ne veulent pas le reconnaître, ça ferait moins sensation… “bouh, l’art c’est cher, c’est mal!”

Thalie writes:
12 août 2009 at 11:19

Ni les journaleux ni les juges obviously, parce que la pétasse en question n’a écopé que d’une amende de 18 000 - il semblerait que le rouge à lèvres indélébile ait pu être nettoyé.
Le sujet était ici l’agression d’oeuvres innocentes sans raison apparente - l’absurdité me fait toujours rire, du moment que personne ne meurt, mais je promets, je vais réfléchir à faire un truc sur les gens qui pissent sur leurs toiles, ça a l’air bien aussi.

Pépette writes:
12 août 2009 at 11:28

la pétasse en question a invoqué ses “maltraitances d’enfance” pour jouer la folie passagère… et elle a un joli cul aussi, et un très bon avocat. j’ai pas mal suivi l’affaire, et personnellement, ça m’avait choqué de voir comment elle avait été traitée par les média : la pauvre petite enfant dérangée contre les grands collectionneurs d’art (en l’occurrence Yvon Lambert qui faisait l’expo et qui n’était pas content, et l’artiste qui a retiré ses toiles, l’assureur, ….). c’est ça le grand foutage de gueule. le marché de l’art permet aux artistes et à tout un système de vivre, je ne vois pas de raison d’en faire des choux gras, c’est pas Voici ni Gala… si les gens veulent embrasser des trucs chers, qu’ils aillent chez Vuitton ou Dior bousiller des sacs hors de prix, ça nous fera des vacances!

Thalie writes:
12 août 2009 at 11:37

C’est pas de la folie passagère, rahlala, c’est le syndrome de Stendhal, on te dit. Tout ce beau blanc, ça l’a émue et elle a juste voulu faire un bisou.
Moi jsuis d’accord pour aller abimer des sacs Vuitton, sauf que bon, pour justifier son acte, on peut difficilement invoquer l’émotion devant la beauté de la chose.

Pépette writes:
12 août 2009 at 11:54

il a bon dos le Syndrôme de Stendhal (normalement, il s’agit de gens qui tombent dans les pommes ou qui rentrent en mélancolie profonde, pas qui bavouillent sur des toiles!)! je suis sûre que l’on peut trouver des gens pour s’extasier devant un sac Vuitton, d’ailleurs, ils font bien la queue pour avoir leur monogramme… allez, et si on se faisait un petit Happening avenue Montaigne, tous ensemble, avec des rouge à lèvres bien gras? on se ferait un sacré bon coup de pub!!

Thalie writes:
12 août 2009 at 11:59

A mon avis, personne n’achète des sacs Vuitton parce que c’est beau.
Je pense qu’uriner serait encore plus mal vu.

Je cherche aussi quelqu’un pour descendre les Champs en courant, habillé en lapin, en criant “grik grik” et en collant des mains aux fesses des touristes. Anyone interested ?

Alex writes:
12 août 2009 at 12:28

Dommage que j’habite pas à paris, je me serais volontiers déguisé en lapin pour pisser sur les sacs Vuitton… Ah c’était du second degrés? Désolée… suis un peu blonde!

Thalie writes:
12 août 2009 at 15:01

Bein non, même pas tant second degré que ça…

luc Chatel writes:
13 août 2009 at 15:50

On n’achète pas les sacs Vuitton parce que c’est beau, et les œuvres d’art non plus. Dans les deux cas ça coûte cher et on ne sait pas trop pourquoi, à part que c’est la loi du marché, de l’offre et de la demande. Et le marché, comme dit le grand sage Alain Minc “c’est la météo”.
Cela dit le parallèle entre les deux, l’œuvre d’art et l’objet griffé, est intéressant : dans tous les cas la signature est pour beaucoup dans la valeur que prennent les choses, mais il n’y a pas que la signature qui compte, enfin j’espère.
Moi je ne crois pas, et Alain Minc non plus sans doute, que le marché c’est la météo, car dans le marché il y a des marchands, des communicants, des spéculateurs, et des consommateurs qui agissent consciemment.. Et souvent, il y a des marchandises qui sont sous- ou sur-évaluées.

Ambrouille writes:
13 août 2009 at 15:54

Moi j’ai bien apprécié la performance des Talibans quand il s ont fait sauter les bouddhas.. C’était nihiliste, radical, absurde, ça m’a beaucoup ému.

Luc Chatel writes:
13 août 2009 at 15:57

Il ne faut pas tout mélanger : pisser sur des sacs Vuitton, tout comme exploser des bouddhas, ce sont des actes politiques avant tout.

Ambrouille writes:
13 août 2009 at 16:03

Pour continuer dans la polémique, je voudrais dire à notre estimée rédactrice en chef, que si La Joconde la laisse de marbre, c’est parce qu’elle y connaît rien. La Joconde, c’est pas fait pour être beau, c’est CONCEPTUEL !

Thalie writes:
13 août 2009 at 16:12

Ambrouille, le problème n’est pas que ça soit beau, ou moche (si tant est que ça veuille dire quelque chose), ni même conceptuel, on s’en contrefout. Et faut arrêter de dire qu’il faut y connaitre quelque chose pour apprécier l’art. L’art ça enthousiasme, ça émeut, ça parle, ça touche, ou pas.

Thalie writes:
13 août 2009 at 16:22

Puis je suis pas sure que pisser sur des sacs Vuitton soit comparable à faire péter des bouddhas, politiquement parlant, mais bon, on va pas contredire quelqu’un qui “cite” Alain Minc.

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