La nouvelle a seulement été médiatisée hier, mais les faits datent du 2 Aout 2009. Date fatidique où La Joconde s’est pris un mug dans la face. Selon les sources, soit c’est le mug ET le thé qu’il contenait, soit le mug vide en terre cuite, soit le thé tout seul. Les médias anglais tiennent à préciser que c’était de l’English Breakfast. Avec un peu de chance, les Italiens vont dire que c’était du café. Bref.
Et c’était de la part d’une Russe, immédiatement plaquée au sol et embarquée pour être questionnée. Tout ça parce qu’on lui avait refusé la nationalité française, alors gros énervement. Ce qui, en toute logique, l’a conduite, plutôt qu’à pisser sur les marches de l’Elysée, à s’énerver sur le tableau d’un peintre italien.
Moi je pense qu’elle était simplement fort mécontente, la Russe, mais on évoque le Syndrome de Stendhal, pour faire joli. Appelé aussi Syndrome de Florence ou Hyperkulturemia (sublime mot), ça fait qu’en gros, les gens sensibles pètent les plombs devant tant d’art et de beauté, ce qui peut se comprendre par ailleurs. Perso, si je devais pleurer (déjà fait) ou jeter des mugs, ça serait pas devant / sur Mona Lisa, qui me laisse totalement de marbre, mais tous les goûts sont dans la nature. C’est sûr, c’est plus spectaculaire que la branche d’amandier (private référence).
Cet incident improbable et cocasse (enfin la Russe, elle doit pas trop rigoler présentement) vient à la suite d’une longue série d’attentats honteux perpétrés contre d’innocentes œuvres d’art: La Joconde s’est déjà vu jeter à la face de l’acide et des cailloux (pourtant elle n’est pas iranienne), c’est pour ça qu’elle a maintenant une petite vitre blindée. Sans compter les gens qui cassent des statues ou déchirent des toiles exprès - mais on n’a jamais vraiment d’explications de leurs gestes.
Et surtout sans compter ceux qui vandalisent mais que du coup on sait plus si c’est pas aussi de l’art de vandaliser l’art. Tel Graziano Cecchini, qui met du rouge dans LA fontaine de Rome ou des balles partout sur une place - jolis coups de com’, l’info a fait le tour du monde, mais rien d’abîmé, à part les nerfs de quelques flics. Telle Rindy Sam, un peu plus sauvage, qui a collé ses lèvres rouges sur une toile blanche qui valait deux millions. Elle a dit pour sa défense qu’elle n’avait pas pu s’empêcher et qu’elle avait juste fait un bisou. Cute.
En même temps, une toile toute blanche à deux millions, c’est tellement du foutage de gueule que ça mérite une petite touche artistique personnelle.
Plus d’infos: sur le syndrome de Stendhal, sur le mug dans la face de la Joconde, sur Graziano Cecchini, sur Rindy Sam.

"C'est d'la balle"
Photo volée là.