»
L
E
M
E
N
U
!
«
Souvenirs de la Biennale 2009 # 2
4 juillet 2009 by Thalie

Pour moi, la palme de la Biennale revient quand même à Shaun Gladwell, sur lequel je me suis déjà enthousiasmée par ailleurs sur un autre blog, mais je ne m’en lasse pas. Ne ratez donc sous aucun prétexte le pavillon australien. Il met largement à l’honneur ce grand gamin inspiré qui fait habituellement plutôt dans l’imagerie “street-art” (graffiti, skate, hip-hop, BMX, etc), et qui là, s’est plutôt visiblement inspiré de son histoire perso, de ses racines australiennes et de Mad Max. Ça donne deux vidéos bluffantes, parce que je ne sais pas par quel miracle on arrive à dégager autant de poésie.

Parce que si on regarde froidement et vite, comme le font les 3/4 des gens qui rentrent dans la pièce, vidéo 1, des kangourous morts, vidéo 2, un mec debout sur une bagnole. Si on regarde moins froidement, et surtout plus de trente secondes, ça donnerait plutôt ça:

Shaun Gladwell - Apology to Roadkill

Vidéo 1, Apology to Roadkill.  Des routes australiennes semi-désertes. L’image est floutée par la chaleur. Un motard tout de noir vêtu, casqué intégral, arrive dans le champ en chevauchant une moto noire. Il s’arrête près d’un kangourou mort, descend de sa moto, garde son casque, se dirige vers la bête (slow motion poussiéreux), et là commence un étrange rituel. Il la caresse, lui parle, on dirait qu’il la rassure, qu’il lui dit que tout va bien, ses gestes sont d’une incroyable douceur qui contraste avec son apparence de membre d’un gang de motards. Il finit par la prendre dans ses bras, la promène, lui parle. Plusieurs routes, plusieurs kangourous, la même séquence se répète à l’infini. Un infini gracieux, plein de poésie, d’empathie, de tendresse, d’émotion. C’est beau à en pleurer, et ça donne envie de devenir doux.

Shaun Gladwell - Interceptor Surf Sequence

Video 2, Interceptor Surf Sequence. Toujours la même tenue, on ne verra pas son visage cette fois. Pour les ignares, comme moi, l’Interceptor, c’est la voiture de Mad Max (celle de Shaun trône d’ailleurs devant le pavillon - et la moto dans le mur extérieur sur le côté gauche). Comme le nom de la vidéo l’indique, Shaun fait le cascadeur et se met debout sur la voiture, genre, je surfe, toujours avec sa légèreté incroyable qui contraste avec la tenue, et voilà. Et voilà c’est tout, me direz-vous ? Bein oui, sauf que les paysages sont à couper le souffle, notamment le ciel, tantôt d’orage, tantôt paré de milles couleurs au coucher du soleil. Lui est aérien. C’est pas un mec sur une bagnole, c’est un hymne à la liberté, je n’ai pas d’attache, pas de contrainte, je surfe au milieu de nulle part, le monde m’appartient, et je ne peux pas pourrir - tiens, je fais une faute de frappe en forme de lapsus, je le laisse, le “p” à la place du “m”. Magique. Ça donne envie de ressentir la même sensation.

[Attention, spoiler]

Pour ceux qui n’auraient pas l’intention d’aller à la Biennale, il y a des bouts d’Apology to Roadkill et Interceptor Surf Sequence sur youtube, bon, rien à voir avec le live, mais ça donne une idée. Pour ceux qui veulent y aller, si vous avez une place dans votre valise…

Pour ceux qui veulent lire plus de trucs: http://www.australiavenicebiennale.com.au/


Mettre son grain de sel

Annuaire Blog »  Substance: WordPress   »  Style: Ahren Ahimsa