Bon, l’heure des vacances a sonné, je vais m’enfuir loin, très loin du monde et de toute connexion internet. Si y’en a qui se posent la question, oui, c’est amplement mérité. En mon absence, c’est les garçons qui tiennent la maison, je sais pas trop ce que ça va donner, si ils n’assurent pas, engueulez-les de ma part, je vous délègue la rédaction en chef. Avant de partir, je voulais vous écrire des tas de trucs rigolos et les planifier, mais vu que mon organisation personnelle laisse à désirer, j’ai pas eu le temps. Alors je fais un truc maltrémal, je vous colle un post de mon autre blog pour vous occuper, désolée pour ceux qui fréquentent les deux. RDV en Avril, pour le poisson, les œufs et tout le reste.
Pour la plupart des gens, les vacances sont synonymes de repos, farniente, détente, relaxation et bien-être. Pour moi aussi, sauf que ma légendaire maladresse, ou distraction, appelons là comme on veut, en décide souvent autrement. Il n’est pas rare, en effet, que je m’abime, m’esquinte, m’estropie, et j’en passe.
Du coup, quand je pars, j’ai tendance à un peu serrer les dents et à faire attention. Vous allez vous moquer, dire que comme d’habitude j’exagère, alors je vais vous raconter quelques anecdotes. Bougez pas, ça va être trop bien.
Déjà, quand j’étais jeune, j’avais un côté ultra féminin, qui me poussait à escalader des trucs et à courir dans les bois. J’étais donc régulièrement recouverte de croûtes rouges vif (parce qu’à l’époque y’avait pas de mercurochrome incolore), et sinon, une fois, je me suis foulé le poignet en ratant une haie (hum), et puis aussi, je suis tombée (re-hum) dans un buisson d’épines. En short, sinon, ça n’aurait pas été aussi drôle. Mais bon, ça, c’est un peu de la blague en comparaison avec mes expériences vraiment douloureuses.
Un été, à chypre, j’ai accidentellement marché sur un oursin. Ca se voit, pourtant, un oursin, vu que c’est gros, et noir, et plein de piquants partout. Bein m’en fous, j’ai marché dessus quand même, même pas peur. Par contre, un peu mal. J’ai passé l’aprem le pied dans un seau rempli de vinaigre, et puis le soir, comme ça allait vachement mieux, j’ai mis des talons pour aller avec ma jupe ras les fesses (époque cagole), et je suis allée au resto. En causant nature, pêche et compagnie avec le serveur, j’ai fini par avouer avoir quelques dizaines de morceaux d’oursin dans le pied, et légèrement mal. Il m’a dit ah mais faut pas rester comme ça ma petite dame (enfin, l’équivalent en anglais avec un accent grec). Parce que ça s’enfonce dans le pied, les truc, et après, faut amputer (ou quelque chose comme ça). Je me suis donc retrouvée à attendre la fin du service du monsieur, qui s’est gentiment (sadique) proposé de m’ôter les bouts du bestiaux parce qu’il avait l’habitude. J’ai donc passé une heure à me faire charcuter - une petite incision puis otage à la pince à épiler - le pied par un inconnu.
Un autre été, à Mykonos, j’ai loué un scooter. Sans casque, parce que c’est plus rigolo selon les loueurs de scooters qui n’en ont pas. Evidement, on m’a donné un scooter des enfers, lourd, pourri avec un problème conséquent d’accélérateur. Qui n’accélérait pas, de fait, malgré son nom prometteur, alors je tournais comme une énervée, et d’un coup, paf, propulsion supersonique. Première fois, j’ai évité de peu un bus, ce qui aurait pu fâcheusement compromettre mes vacances. Deuxième fois, j’ai traversé un magasin de location de scooters, justement, qui fort heureusement n’avait pas de vitrine. Je me suis emplafonnée dans le mur du fond, sous les yeux éberlués des vendeurs qui tapaient le carton tous détendus, et j’ai achevé avec maestria ma course en mettant un coup de boule non pas au mur, mais au cadre en verre accroché dessus. Bilan, une fracture au nez, l’arcade ouverte, du verre pilé plein la gueule, des points de suture (bleus, c’est plus joli) plein la gueule. C’était en septembre 2001, deux jours après y’a des mecs qui ont mis un avion dans des tours, c’était de bonnes vacances.
Je ne vais pas mentionner d’autres épisodes encore moins flatteurs : snorkeler dans une nappe d’essence, me faire mordre la fesse droite par un petit poisson énervé, m’entorser la cheville en courant sur la plage, me faire mordre le mollet par un singe irascible.
Donc bon, maintenant, je me méfie. Déjà, j’évite le bassin méditerranéen qui semble-t-il a une dent contre moi, et les animaux, aussi, et pars plus loin, en asie, où il ne m’est jamais rien arrivé de trop fâcheux. Pourvu que ça dure. Il est à noter quand même que j’ai de la chance, malgré mes débordements culinaires (« oh, ça a l’air bon la boulette qui flotte dans du liquide jaunâtre sur le bord de la route »), mon estomac, lui, ne m’a jamais fait défaut en vacances.
Allez, souhaitez-moi bonne chance, je pars, là…