Séduire une femme, c’est simple. Bien évidement, chacune a ses préférences, vu que nous sommes toutes absolument *unique*, mais il y a quand même deux trois règles de base. Tout d’abord, confère chapitre précédent, il faut être vaguement son type, pour ne pas avoir des milliards d’efforts à fournir. Ensuite, c’est super simple. Un seul mot d’ordre: le funambulisme.
Bein ouais, vous savez, les gars qui se baladent sur des fils très fins, et qui au moindre faux mouvement, peuvent tomber. La séduction de la femelle, c’est pareil. Prenez l’entrée en matière: trop rentre-dedans, vous êtes immédiatement catalogué de lourd (ou relou, si la fille est jeune) et renvoyé manu militari à votre bande de potes imbibés de bière et ricanant. Pas assez, vous n’intéressez pas, ne surprenez pas, n’amusez pas, et vous êtes aussi renvoyé à votre bande de potes etc. En un mot comme en cent, soyez bons, soyez le vite, et continuez à l’être.
Après, être bon, c’est complètement subjectif, comme chacune est unique, vous a-t-on dit, il n’y a hélas pas de technique universelle. Même si dans Spread, Ashton, tombeur de ces dames, dit qu’il n’y a qu’une entrée en matière valable: “salut, tu t’appelles comment ?”. Why not. Vous pouvez aussi essayer l’humour, mais c’est casse gueule. Femme qui rit, à moitié dans ton lit, dit-on. C’est pas faux. Mais attention là encore, faudrait voir de ne pas se la jouer Bigard. J’ai personnellement un souvenir plus qu’ému d’une tentative de drague pimentée de Chevalier et Laspalès qui a failli se terminer dans un bain de sang.
Si vous avez franchi la première étape (elle n’a pas tourné les talons, ne vous a pas jeté son verre en travers de la gueule et continue à vous écouter), félicitations. Vous y êtes presque. Presque. Suffit de ne pas commettre d’impair. Restez sur des sujets consensuels, n’allez pas nous l’énerver en causant politique, porno ou chasse. Faites des compliments, mais pas du genre basique “t’as de beaux yeux”, misez sur un peu plus orignal. “J’adore ton nez”, par exemple, ou “tes bottes sont démentes”, ça déchire. Touchez-la, genre le bras ou l’épaule, furtivement, non, pas les fesses ou les seins. D’ailleurs, évitez de mater ses seins quand vous parlez, même si c’est tentant. Évitez aussi de mater les autres filles, c’est toujours préférable. Car même si vous en êtes à votre énième tentative, une chose est importante: surtout, faut pas que ça se voit. Unique, on t’a dit. Même si personne n’est dupe, c’est plutôt agréable de se sentir choisie, pas le plan B ou Z.
Pour la conversation, rien de bien terrible: pas d’allusion salace, pas de drague lourde, faites-la parler d’elle, rebondissez sur ce qu’elle dit, ne monopolisez pas le temps de parole, soyez avenant, à l’aise mais pas trop confiant (toujours le funambule, hein), et blabla, jusqu’à l’heure fatidique où vous lui demanderez son numéro parce que vous crevez d’envie de la revoir. Si le courant passe, tout cela devrait se faire le plus naturellement du monde. Si ce n’est pas le cas, prenez congé au douzième gros blanc dans la conversation. Qu’elle y mette du sien un peu, tout de même, si elle ne le fait pas, c’est qu’elle n’est pas si intéressée. Ne sortez pas les rames, ne faites pas le mystérieux, ne jouez pas de rôle, ça n’est pas très payant sur le court terme, et absolument pas sur le moyen.
Pas de proposition indécente le premier soir, c’est mal vu, ça fait crevard. En revanche, quand vous en serez au deuxième rendez-vous, débrouillez-vous pour continuer à la charmer par votre conversation, mais laissez entendre que vous voulez autre chose. Ne tardez pas trop à mélanger vos salives, sinon elle va appeler ses copines mortifiée, en disant “non, il s’est toujours rien passé, je me demande si je lui plais vraiment / s’il n’est pas gay”. Toujours le fameux équilibre sur la corde raide, trop pushy ça fait j’ai faim, pas assez ça fait problèmes sexuels.
Au bout de quelques rendez-vous, après le mélange de salive, faites-lui comprendre que vous la sexeriez bien, et faites le sans attendre trois semaines non plus. Voilà. Si cela se passe bien et que tout le monde a envie, recommencez. Si tout s’est bien déroulé jusque là, félicitations, vous êtes maintenant dans une relation avec la demoiselle, et vous croyez que vous allez pouvoir respirer et que c’est tout bon, et bien détrompez-vous.
La suite au prochain numéro.