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Coincer le garçon
22 octobre 2009 by Horny Smurfette

Désolée pour ceux qui réclament, je ne vais pas tout de suite relâcher la bête de sexe qui sommeille en moi. D’ailleurs pour info, la bête, l’hiver, elle hiberne, parce qu’il fait trop froid pour être tout nu, même quand on s’agite beaucoup. Je ne fais donc des choses sexuelles que de mai à septembre. Le reste du temps, je vais au ciné, je lis des livres, j’étudie les garçons de loin (et un ou deux de près), et je rigole beaucoup. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, les garçons, c’est pas tout pareil que les filles. Et je ne parle pas que de considérations physiques. Il y a des patterns un peu inévitables - vécus plein de fois en direct, encore plus par procuration, et pas que devant mon poste de télévision (oui, je cite Goldman).

Prenons par exemple, cas extrêmement rare mais néanmoins ça arrive, une fille qui se morfond parce que le garçon qu’elle “fréquente” (dédicace à Ambrouille) ne semble pas trés… on sait pas bien, motivé, impliqué, enthousiaste. Des fois oui, des fois non, on vous dit, on sait pas bien. Que faire, Ingmar, que faire (que celui qui n’a pas vu la pub Kit Kat avec cette réplique ne s’inquiète pas) ? Spontanément, la fille, bien connue pour sa légendaire simplicité, va commencer par envisager elle-même tous les cas de figure. Cette technique s’avérant extrêmement chronophage et pas très gratifiante, la fille va élargir son champ de vision et ouvrir ses chakras en consultant ses copines, qui comme chacun sait, sont totalement expertes en matière de mecs. Comme la fille ne sera toujours pas satisfaite, elle va probablement compléter son étude par un sondage des exemplaires masculins à disposition: amis, ex, voisins, collègues de bureau, inconnus en soirée, papa, etc - en général, ils disent jamais la même chose. Elle va donc recueillir plein d’infos, mais n’aura toujours pas sa réponse.

Parce que finalement, l’info, bêtement, elle est à la source. Le garçon a la réponse. Ça va finir, après une semaine ou deux d’investigations stériles, par monter au cerveau. Et donc, comme la fille est connue pour sa simplicité légendaire - ce que je dis déjà plus haut, mais j’inverse le sens des mots pour faire diversion, elle va attaquer la source sous un angle intéressant: les reproches et autres tentatives désespérées pour obtenir un aveu. Sauf qu’en général, les reproches n’ont pas forcément à voir avec le nœud (sans jeu de mot douteux) de l’histoire. Du coup ça va énerver le garçon, qui va répondre à côté, rien comprendre, devenir grincheux, la motivation et l’enthousiasme vont en prendre un coup, et vous non, du coup, pas de coup. Ni de fil, ni de bite. Punie.

Donc nous saluerons ici le magnifique loupé. C’est pas ça la solution. Jamais, dans aucun cas, on ne résout un problème en décrivant des petits cercles concentriques autour en poussant des petits cris stridents (pendant trois semaines). Puis ça va énerver la fille aussi à force, tout le monde va être crispé, une fille énervée c’est redoutable, donc c’est à chier comme idée. Il faut donc choper le problème, le maintenir fermement immobilisé, éventuellement grâce à un coup, de boule cette fois. Comme le garçon est rusé comme un renard, il va éviter ça, se planquer, alors il faut faire comme avec le renard: enfumer son terrier. Ne pas prendre littéralement cette phrase, on ne fout pas le feu à l’appart du jeune homme, merci (et surtout après on dit pas aux flics “c’est Horny Smurfette kia dit msieur l’agent”). Ça veut dire: on ne lui laisse pas d’autre alternative que de se montrer, d’entendre la question, et d’y répondre.

Ah oui, parce que les garçons sont super forts pour ça “mais y’avait pas de question dans ton mail / sms / courrier / ta phrase”. Le garçon joue à fond la carte de l’être primaire, quand ça l’arrange: moi pas avoir question avec point d’interrogation, moi pas donner réponse. Alors fille, toi poser question et pas oublier la ponctuation ni le ton qui va bien. Et attention, on est sérieuse et concentrée, on pose une question fermée. Le genre qu’on y répond en oui / non, tu vois. Faites gaffe néanmoins à ne pas être trop basique. Genre “tu m’aimes ?”, on oublie. Un garçon préfèrera descendre d’un TGV en marche que répondre oui - enfin, surtout non, à ça (en même temps, on le comprendrait presque). Mais normalement, si vous posez une question claire, vous obtiendrez une réponse claire. Évitez les mails, sms, appels, tous les trucs incertains, coincez-le en live. Et ne multipliez pas les questions, sauf si vous vous appelez Brigitte et que vous jouez (mal) dans un film de Godard. Une seule question donc, et pas de deuxième degré, d’ironie, d’insinuation, d’allusion, de digression, de métaphores, de prêchage de faux pour savoir le vrai, etc. Soyez précise, et demandez-lui de l’être en retour.

Bon. Cela est bien, y’a plus qu’à. Mais l’exercice a ses limites. La première, c’est que la fille n’aime bizarrement pas poser des questions précises quand elle n’est pas sûre d’aimer aussi les réponses qui vont avec. C’est con, mais c’est humain. Sachez le, les garçons, elle préfèrera vous casser les couilles chaque jour que dieu fait sur des sujets périphériques. La deuxième, c’est que c’est un peu pénible, que les garçons, on soit obligé de leur courir après pour se faire larguer (une fois sur deux, c’est comme ça que ça finit, avec un garçon pas motivé, l’autre fois sur deux, c’est que vraiment il est distrait et nul en communication). “Bah je t’ai pas répondu, c’était clair, non ?”. Non. Ça s’appelle “construis ta rupture en kit”, c’est odieux, et les garçons qui pratiquent ça mériteraient qu’on enfume le terrier, mais qu’on bloque la sortie. Et les arguments  “mais je veux pas être un salaud / lui faire de la peine / affronter son courroux” ne sont en aucun cas valides, faut arrêter avec ça, ramassez vos couilles, for god’s sake.

Dans un monde parfait, on dégagerait manu militari le crétin qui n’est pas réellement motivé par nous, et qui en plus n’a pas le courage de nous le dire clairement, mais malheureusement, une sorte de malédiction / conditionnement nous pousse souvent, nous femelles, à nous acharner sur des mecs qui n’en valent pas la peine. Je vous rassure néanmoins, ce phénomène a tendance à s’atténuer, voire totalement disparaître, avec l’âge. En attendant ce jour béni, n’hésitez pas à poser des questions, pour éviter de perdre du temps. C’est important, le temps, on en a trop peu dans une vie, autant pas le gaspiller avec un connard renard.


11 Responses  
Alex writes:
22 octobre 2009 at 10:32

Alors ça c’est du mec patient! Essayez de refaire la scène avec votre Jules, je parie qu’il rigole ou vous envoie promener ou trouve n’importe quoi à faire(vous sauter dessus, aller faire pipi, aller chercher une bière…) pour couper court aux questions après la quatrième!! Si c’est pas le cas gardez-le précieusement, ils est raide dingue. Ou c’est un fétichiste…

Horny Smurfette writes:
22 octobre 2009 at 11:00

Ah mais non faut une seule question, pas quatre, aussi.

Grenoblois writes:
22 octobre 2009 at 12:35

Ta conclusion résume assez bien le commentaire que j’avais envie de poser. Le meilleur moyen pour avoir un fin claire et précise avec un mec c’est qu’il n’y en ait pas de fin. Passez à autre chose, directement, sans avoir plus d’infos, ni oui, ni merde. S’il veut être clair, il reviendra. Sinon, ça arrange tout le monde.

Et passer à autre chose, ça se fait tout seul. Ca prend plus ou moins de temps mais ça se fait tout seul.

Archyoda writes:
22 octobre 2009 at 13:16

Dis, la miss, à la lecture de ton post, j’ai l’impression (mais je me trompe sans doute) que tu considères l’homme plus fin, à la limite, que la femme (tentatives d’évitement etc)… Et pour ma part, je considère la femme en général (j’ai bien écrit en général, même si en faire une règle est plus qu’hasardeux!) plus fine. Bon, on a aussi tendance à la considérer comme plus chiante. Cette façon de tourner autour du pot plutôt que de poser la bonne question est souvent horripilante, surtout quand on n’a pas pris femme en seconde langue. Toutefois, il est vrai que quand vous posez des questions directes, on n’aime pas obligatoirement parce qu’on anticipe la mauvaise réponse à ne pas énoncer. Nous sentant coincé, on circonvolutionne à donf… Sans doute de la couardise, ou peur de prendre des responsabilités. Rien de très glorieux, donc. Il me semble que l’homme est plus basique et cherche surtout à éviter l’écueil… Même lorsqu’il possède une grosse part de féminité en lui (ce qui est mon cas, je le concède), il y a des questions qu’il redoute car il n’a pas le courage d’assumer sa réponse et la réaction de l’inquisitrice (le mot est fort, mais c’est comme cela que l’on vous considère à cet instant précis). Vous êtes sans doute beaucoup plus torturées que nous et n’osez pas poser directement la question dont vous ne voulez pas entendre la réponse. Nous sommes sans doute plus couards que vous et n’osons pas vous donner la réponse que vous ne voulez pas entendre. Je sais que mes propos sont réducteurs, ne vous en faites pas! Mais je crois que ce cas de figure s’applique régulièrement. Pour appuyer mes propos, il me semble que lorsque les sentiments se sont estompés, c’est souvent la femme qui prend la décision de partir, l’homme préférant entretenir souvent son confort tout relatif, étant même prêt à faire beaucoup pour la retenir, même s’il ne l’aime plus… La peur du vide, peut-être? Seule solution, trouver l’âme soeur et s’aimer d’amour fou jusqu’à la fin des temps… Tiens, je vais aller regarder “ghost”, moi!

Horny Smurfette writes:
22 octobre 2009 at 15:00

@Grenoblois: je suis d’accord avec toi, en effet, on fait tout seul: comprendre, digérer, passer à autre chose, pardonner. Comme plein d’autres choses dans la vie. Même crever, d’ailleurs. Ceci dit, c’est pas une raison non plus pour trouver ça normal.

@Archyoda: si j’ai pu laisser croire que je pensais qu’un mec était plus fin, je me suis vraiment mal exprimée. Le mec est globalement un gros bourrin qui prend l’option emmerdement minimum, passe-moi la bière et laisse-moi tranquille. Même ceux qui font croire qu’ils sont plus “sensibles” sont pires - ils laissent espérer un monde meilleur et finalement, passe-moi la bière et laisse-moi tranquille. C’est rien que des gros lâches pourris.
Et les filles c’est rien que des grosses chieuses (hystériques) qui compliquent tout et font rien qu’à poser des questions pénibles et veulent pas entendre les réponses et sont complètement bouchées.
Voilà, à la hache, ça donne ça, très cliché, mais pas complètement faux non plus.
Mais les comportements que tu décris et que je reprends, n’oublions pas qu’ils sont dysfonctionnels.
Ça n’est pas une fatalité, le déphasage, les questions, la lâcheté, parfois les choses sont beaucoup plus simples, et si elles ne le sont pas, les deux protagonistes ont envie de faire en sorte qu’elles le soient et donc, ça se passe. Ça s’appelle une relation réussie, je crois. Si, si, ça existe, et même ailleurs que dans les films américains.

Grenoblois writes:
22 octobre 2009 at 16:32

Baaah… si. Faites po chier bordel. ^^

Alex writes:
22 octobre 2009 at 18:03

Euh… mais moi c’était juste de la blague rapport à l’extrait du “Mépris”…
J’ai bien retenue la leçon : une seule question, directe et qui appelle un oui ou un non, point.
“Est-ce que tu veux une bière?” ça marche?? ;-)

Horny Smurfette writes:
22 octobre 2009 at 18:42

@Grenoblois: Non. Chacun ses petits arrangements avec le quotidien, mais je te garantis, c’est pas normal de considérer que l’absence de réponse vaut réponse (ni côté mec, ni côté filles).
@Alex: ah ! je croyais que tu réagissais sur le post. En effet, cette scène n’est absolument pas réaliste - et insupportable.
Sinon “on baise ?” marche assez bien aussi.

Nusk writes:
22 octobre 2009 at 19:12

Peut être que s’il n’a pas répondu, soit qu’il soit la raison, il n’est pas le bon pour toi (une bonne comunication est la base d’une relation)

Horny Smurfette writes:
22 octobre 2009 at 19:32

Je pense qu’on peut mettre un pluriel à cette phrase - la “non réponse” est un phénomène répandu, se l’imprimer, et se la réciter comme un mantra.

Je note que pour une fois, on est presque tous d’accord: si ça le fait ça le fait, et si y’a trop de question sans réponse: “suivant(e)”. En fait, c’est simple, je ne sais quels crétins ont dit que c’était compliqué et que Mars, Vénus, tout ça.

LEO writes:
23 octobre 2009 at 12:27

oui mais a lire les reactions des garcons, on se dit que les filles ont raison de ne pas poser les questions: les garcons n’ont aucune envie de formuler des reponses et d’etre “coinces” (il faut bien avouer qu’etre mis au pied du mur n’est pas tres agreable)
Le contournement et l’interpretation (avec ou sans aide des copines a 3000kms) sont donc un peu les seules solutions, l’affrontement frontal ayant de grandes chances de faire deguerpir le garcon.
Bon et puis moi je dis rien, ca m’est arrive d’etre lache et de disparaitre dans la nature. Oui c’est pas glorieux mais de toute facon souvent les reponses aux questions les plus importantes ne sont pas satisfaisantes pour celui ou celle qui les recoit: j’en sais rien moi “Pourquoi je ne te plais pas?” ou “pourquoi tu ne m’aimes plus?” ou “pourquoi tu veux pas qu’on reste potes alors que tu es pote avec tes autres ex”. Donc je me mets un peu a la place des garcons, qui en plus se les sont rarement posees, ces questions (oui parce que bon les filles on est quand meme plus souvent en mode surchauffe du cerveau sur le moindre detail).
Le fait de ne pas avoir de reponse, ce n’est pas agreable, ca n’aide pas a tourner la page, ca entretient souvent des espoirs derisoires, mais je crois qu’il faut en prendre son parti.

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