Désolée pour ceux qui réclament, je ne vais pas tout de suite relâcher la bête de sexe qui sommeille en moi. D’ailleurs pour info, la bête, l’hiver, elle hiberne, parce qu’il fait trop froid pour être tout nu, même quand on s’agite beaucoup. Je ne fais donc des choses sexuelles que de mai à septembre. Le reste du temps, je vais au ciné, je lis des livres, j’étudie les garçons de loin (et un ou deux de près), et je rigole beaucoup. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, les garçons, c’est pas tout pareil que les filles. Et je ne parle pas que de considérations physiques. Il y a des patterns un peu inévitables - vécus plein de fois en direct, encore plus par procuration, et pas que devant mon poste de télévision (oui, je cite Goldman).
Prenons par exemple, cas extrêmement rare mais néanmoins ça arrive, une fille qui se morfond parce que le garçon qu’elle “fréquente” (dédicace à Ambrouille) ne semble pas trés… on sait pas bien, motivé, impliqué, enthousiaste. Des fois oui, des fois non, on vous dit, on sait pas bien. Que faire, Ingmar, que faire (que celui qui n’a pas vu la pub Kit Kat avec cette réplique ne s’inquiète pas) ? Spontanément, la fille, bien connue pour sa légendaire simplicité, va commencer par envisager elle-même tous les cas de figure. Cette technique s’avérant extrêmement chronophage et pas très gratifiante, la fille va élargir son champ de vision et ouvrir ses chakras en consultant ses copines, qui comme chacun sait, sont totalement expertes en matière de mecs. Comme la fille ne sera toujours pas satisfaite, elle va probablement compléter son étude par un sondage des exemplaires masculins à disposition: amis, ex, voisins, collègues de bureau, inconnus en soirée, papa, etc - en général, ils disent jamais la même chose. Elle va donc recueillir plein d’infos, mais n’aura toujours pas sa réponse.
Parce que finalement, l’info, bêtement, elle est à la source. Le garçon a la réponse. Ça va finir, après une semaine ou deux d’investigations stériles, par monter au cerveau. Et donc, comme la fille est connue pour sa simplicité légendaire - ce que je dis déjà plus haut, mais j’inverse le sens des mots pour faire diversion, elle va attaquer la source sous un angle intéressant: les reproches et autres tentatives désespérées pour obtenir un aveu. Sauf qu’en général, les reproches n’ont pas forcément à voir avec le nœud (sans jeu de mot douteux) de l’histoire. Du coup ça va énerver le garçon, qui va répondre à côté, rien comprendre, devenir grincheux, la motivation et l’enthousiasme vont en prendre un coup, et vous non, du coup, pas de coup. Ni de fil, ni de bite. Punie.
Donc nous saluerons ici le magnifique loupé. C’est pas ça la solution. Jamais, dans aucun cas, on ne résout un problème en décrivant des petits cercles concentriques autour en poussant des petits cris stridents (pendant trois semaines). Puis ça va énerver la fille aussi à force, tout le monde va être crispé, une fille énervée c’est redoutable, donc c’est à chier comme idée. Il faut donc choper le problème, le maintenir fermement immobilisé, éventuellement grâce à un coup, de boule cette fois. Comme le garçon est rusé comme un renard, il va éviter ça, se planquer, alors il faut faire comme avec le renard: enfumer son terrier. Ne pas prendre littéralement cette phrase, on ne fout pas le feu à l’appart du jeune homme, merci (et surtout après on dit pas aux flics “c’est Horny Smurfette kia dit msieur l’agent”). Ça veut dire: on ne lui laisse pas d’autre alternative que de se montrer, d’entendre la question, et d’y répondre.
Ah oui, parce que les garçons sont super forts pour ça “mais y’avait pas de question dans ton mail / sms / courrier / ta phrase”. Le garçon joue à fond la carte de l’être primaire, quand ça l’arrange: moi pas avoir question avec point d’interrogation, moi pas donner réponse. Alors fille, toi poser question et pas oublier la ponctuation ni le ton qui va bien. Et attention, on est sérieuse et concentrée, on pose une question fermée. Le genre qu’on y répond en oui / non, tu vois. Faites gaffe néanmoins à ne pas être trop basique. Genre “tu m’aimes ?”, on oublie. Un garçon préfèrera descendre d’un TGV en marche que répondre oui - enfin, surtout non, à ça (en même temps, on le comprendrait presque). Mais normalement, si vous posez une question claire, vous obtiendrez une réponse claire. Évitez les mails, sms, appels, tous les trucs incertains, coincez-le en live. Et ne multipliez pas les questions, sauf si vous vous appelez Brigitte et que vous jouez (mal) dans un film de Godard. Une seule question donc, et pas de deuxième degré, d’ironie, d’insinuation, d’allusion, de digression, de métaphores, de prêchage de faux pour savoir le vrai, etc. Soyez précise, et demandez-lui de l’être en retour.
Bon. Cela est bien, y’a plus qu’à. Mais l’exercice a ses limites. La première, c’est que la fille n’aime bizarrement pas poser des questions précises quand elle n’est pas sûre d’aimer aussi les réponses qui vont avec. C’est con, mais c’est humain. Sachez le, les garçons, elle préfèrera vous casser les couilles chaque jour que dieu fait sur des sujets périphériques. La deuxième, c’est que c’est un peu pénible, que les garçons, on soit obligé de leur courir après pour se faire larguer (une fois sur deux, c’est comme ça que ça finit, avec un garçon pas motivé, l’autre fois sur deux, c’est que vraiment il est distrait et nul en communication). “Bah je t’ai pas répondu, c’était clair, non ?”. Non. Ça s’appelle “construis ta rupture en kit”, c’est odieux, et les garçons qui pratiquent ça mériteraient qu’on enfume le terrier, mais qu’on bloque la sortie. Et les arguments “mais je veux pas être un salaud / lui faire de la peine / affronter son courroux” ne sont en aucun cas valides, faut arrêter avec ça, ramassez vos couilles, for god’s sake.
Dans un monde parfait, on dégagerait manu militari le crétin qui n’est pas réellement motivé par nous, et qui en plus n’a pas le courage de nous le dire clairement, mais malheureusement, une sorte de malédiction / conditionnement nous pousse souvent, nous femelles, à nous acharner sur des mecs qui n’en valent pas la peine. Je vous rassure néanmoins, ce phénomène a tendance à s’atténuer, voire totalement disparaître, avec l’âge. En attendant ce jour béni, n’hésitez pas à poser des questions, pour éviter de perdre du temps. C’est important, le temps, on en a trop peu dans une vie, autant pas le gaspiller avec un connard renard.