9h48: je bosse fenêtre ouverte, des mecs réparent le toit, et fument. Je sens, je serre les dents, me concentre sur mon écran. Ayé, j’ai envie d’une clope. Merci les gars. Heureusement que j’ai pas de corde et le vertige, sinon je serais allée leur en taper une. En nuisette, jsuis sûre que ça aurait pas posé de problème.
10h32: j’ai faim, je mange des crackers bio avec une tisane. Je préfèrerais un éclair au chocolat, un truc gras, plein de crème, qui prend plein de place dans la bouche (pensée obscène), ou une clope. Mais non.

11h47: je tiens plus en place, j’en ai marre de bosser, je veux faire une pause clope. Je rêve que quelqu’un soit là, derrière moi, 24h/ 24, à me beugler dessus, ambiance boot camp (pensée obscène). Mais y’a que mon chat, qui n’est pas vraiment très directif ni autoritaire verbalement. Je le déplore. J’aurais du prendre un mainate.
12h34: j’ai faim, j’explore mon frigo, soigneusement rempli de légumes et de yaourts natures et de compotes bio sans sucre ajouté, et j’ai envie de pleurer. Je me boufferais bien un bœuf ou deux, là, avec des patates cuites dans la graisse d’oie, et un millefeuille en dessert.
14h51: aaah, j’ai bien bossé, je me ferais bien une pause clope….. rah mais non. J’opte pour des abdos, à la place, sous l’œil interrogatif de mon chat, qui a l’air de se demander pourquoi je m’agite comme ça par cette chaleur. Puis je fais la vague, aussi, puis des fessiers, puis des pompes, puis jsuis épuisée, et je fumerais bien une clope pour me remettre.
15h22: encore envie ? déjà ? bon. Je repense à ce que m’a dit un garçon, que j’étais super sportive d’arrêter de fumer avec plein de taff et pas de mec. J’ai rétorqué que là, le mec, cté pas trop le moment, confère que j’allais avoir une humeur de chacal. Il m’a dit qu’au moins, il m’aurait soutenue, le mec. Mmm. J’ai même pas une humeur de chacal, merci le Champix. En revanche, j’admets qu’avoir quelqu’un sous la main rapidement pour faire un peu de sexe frénétique (pensée obscène) pour me changer les idées, ça aurait pas été mal. Pff.
16h pétantes: bah, faut dire, je fumais tous les jours un paquet de 25, donc globalement, c’est normal d’avoir envie souvent. J’appelle une copine. Elle me dit “Tu viens à une crémaillère samedi ?”. Non, bein non, va y’avoir des fumeurs partout, je vais mourir. Et pan, ma vie sociale part en fumée. Enfin non, justement. Mais bon. Me fais une tisane pour fêter ça. J’en suis à la dixième.
18h18: j’aime bien quand les heures et les minutes sont identiques. Et j’ai envie de fumer. J’improvise une petite danse énergique sur de la musique forte. Jsuis calmée pour au moins 5 minutes. Mon chat a toujours l’air interrogatif. Je crois même que je lui fais peur. Re-tisane. Je pense à ce garçon qui m’a dit de penser à lui quand j’ai envie d’une clope. Ça me fait rire. Mais j’ai toujours envie.
18h35: coup de fil, “Ricard, 20h ?”. Oh bein ouais, tiens, boire, plein, pour oublier. Et dire des conneries, ça occupe. J’arrive. Et je me prépare, ça fait de l’activité, j’oublie presque que je fumerais bien une petite clope.
22h13: quatre mauresques plus tard, jsuis bourrée. J’ai envie de fumer. En reprendre une cinquième pour oublier me paraît largement exagéré. Pff. Je rentre à pieds, pour la peine, et je ferme les yeux quand je passe devant les deux tabacs sur le chemin.
01h04: je me fumerais bien une… pfff, chut. Ou… (pensée obscène, mais merde, quoi, d’où vient cette fixation sur le fait de se mettre un truc dans la bouche - ah, oui, le manque de clope). Je maudis mon célibat, mon frigo plein de trucs pas glamour, j’ai mal aux abdos, ah mais on va finir par y arriver, à avoir une humeur de chacal. Je vais me coucher pour la peine. Va falloir que ça passe cette envie, parce que ça fait deux semaines que mes journées ressemblent à ça.
01h23: quand même, c’est cool de s’endormir dans un appart qui pue pas le vieux cendrier froid. Je fumerais bien une clope pour fêter ça. Non, je déconne. A cette heure, je ferais bien du sexe frénétique. Le garçon avait raison, vaut mieux arrêter de fumer quand on est maquée, c’est plus pratique.
(ndlr: y’a un salaud qui fume sous ma fenêtre pendant que j’écris ce post, c’est atroce)