Voilà l’été (comme chantaient les négresses vertes), et de retour d’une petite balade sous le soleil (comme la série pourrie), force m’est de constater que je comprends pourquoi les garçons sont en pleine forme d’avril à septembre. Ça m’est monté au cerveau quand je suivais une dame, qui avait passé l’age d’être qualifié de fille, qui ondulait de la croupe devant moi, avec une soyeuse robe blanche sur un postérieur joliment rebondi, équipé d’un string. Ça tanguait sévère, et c’était un spectacle tout à fait réjouissant.
Comme tout le reste de la rue, des terrasses de café, des magasins. Partout, des filles, dans tous les coins, des brunes, des blondes, des rousses, des ados, des trentenaires, des grandes, des petites, des maigres, des grassouillettes, avec pour point commun d’avoir des morceaux de trucs qui dépassent partout. Des bretelles de soutien-gorge colorées, des seins à demi voire trois quart découverts, des jupes qui volent au vent, des shorts, des tailles basses qu’il faut éviter de se pencher avec, des tatouages stratégiquement placés, des nuques au soleil. Bref, je m’enthousiasme, mais c’était le festival, et c’était joli. Donc, je comprends l’épuisement des garçons devant toutes ces sollicitations visuelles, on sait plus où donner de la tête, on n’arrive pas à suivre les conversations de ses collègues de bureau, on se prend les pieds dans le trottoir parce qu’on regardait pas la route, mais la fille, là-bas.
Et là, je me dis, c’est injuste. Je profite du spectacle aussi, hein, voire, j’y apporte ma modeste contribution en sortant le dragon - ce n’est pas une métaphore étrange, c’est un tatouage, mais bon, je m’insurge quand même. Je ne suis pas (encore) lesbienne, et même si j’aime regarder les filles (comme chantait Coutin), je préfère regarder les garçons, ça peut être plus utile. Et bein c’est l’arnaque, quoi. A la limite, on voit apparaitre des mollets poilus en bermudas (faute), des bras poilus en chemises à manche courte (re-faute), en polo ou en t-shirt, voire des pieds (poilus des fois aussi) pour les plus courageux qui assument les tongues, mais voilà, bon, ça n’a pas la même charge érotique, même s’il y a de très jolis bras et mollets poilus, hein, je dis pas. Ça n’arrive pas à la cheville du spectacle féminin.
Et je le déplore, et je me demande pourquoi nous sommes quasi les seuls mammifères ainsi faits: les femelles sont parées d’atours multiples et variés, les mâles, euh, bein ils ont des mollets poilus. Le reste de la nature est pourtant bien fait, regardez les paons, la femelle est moche comme un pou, mais pour être sur que l’espèce sera perpétuée, le mâle se la pète grave avec toutes ses plumes pleines d’yeux. Idem, monsieur pigeon a un “joli” plumage rosé sous la gorge, qu’il gonfle ridiculement en faisant rou, rou, le lion a une plus grosse crinière, et chez nous, niente, nada, nib. Donc je suggère que les garçons sortent ce qu’ils ont d’intéressant eux aussi. Montrez donc vos torses et vos dos et vos bras en entier, avec des marcels, puis mettez des pantalons moulants, qu’on puisse mater vos fesses et le reste avec.
Et faites “rou, rou”. Merci pour nous.

Bel exemple