Comme l’a fait remarquer Un Con Gnito, c’est le printemps, et donc évidemment, nous, les hommes, sortons de notre hibernation et repartons en chasse. Au début j’ai eu du mal à me rôder, disons que j’ai fait quelques tentatives d’approche mais que j’ai parfois manqué de réalisme. Le problème c’est que les filles ne sont pas comme des fleurs des champs que l’on vient butiner. Une fille, il faut lui faire comprendre que le champ a beau être remplis de fleurs, il n’y en a qu’une dont on voudrait goûter le nectar.
Donc après quelques tentatives infructueuses (à cause d’un manque de volontarisme certain ), je me suis juré que l’on ne m’y reprendrait plus, et donc ce week-end, j’ai accompli, je crois, une vraie leçon de drague dans les règles de l’art.
Cette fille ressemblait assez à la fille de mes rêves, avec ses longs cheveux bouclés et son sourire espiègle, c’était une amie d’un ami, de passage à Berlin pour deux jours, autant dire qu’il n’y avait pas de temps à perdre.
Donc on discute tranquille, le courant passe, elle me fait des sourires ravageurs, moi j’essaye d’être un peu plus loquace que d’habitude, ça se présente bien mais bon il va falloir que je me décide à attaquer. Pour ce genre de situation j’ai une arme fatale : le petit compliment bien placé qui fait trop plaisir… mais attention toujours sincère et personnalisé. Bon en général ça tombe à plat, on me dit d’arrêter mon char, mais je vois bien qu’au fond, la personne est quand même un peu flattée.
Donc je regarde attentivement la fille de mes rêves et alors son visage me rappelle vaguement quelqu’un, cette bouche coquine, cette crinière brune, ce nez en trompette, mais bien sûr… Ce fut comme une révélation, un vrai coup de génie en fait : “on t’a déjà dit que tu ressemblais à Alicia Keys ?”… Et là je l’ai vu rougir de plaisir, j’ai su que j’avais fait mouche, et en plus personne n’avait jamais pensé à lui dire avant moi.
Peu après, nous nous retrouvons dans un endroit très intimiste, une espèce de cabane située au milieu d’un club, c’était mignon, sauf qu’il y avait plein de trous partout dans les murs pour que les gens puissent regarder… (on ne sait plus quoi inventer comme concepts dans les clubs berlinois). Et là on commence à jouer au papa et à la maman dans leur nids douillets, c’était vraiment le moment ou jamais ; à un moment , alors qu’elle prenait son rôle très à coeur, elle me dit : “notre couple ne marche plus, tu ne m’accordes pas assez d’attention”. Et là je lui réponds du tac au tac : ” non, je crois que c’est parce qu’on ne s’embrasse plus…” et je l’embrasse. Subtil non ? Mais ça n’a pas eu le résultat escompté, c’était trop prompt, trop brutal, elle s’est laissé faire deux secondes, mais avant même le premier tour de langue, elle me repoussa, mais sans perdre son magnifique sourire.
Donc nous sortons de la cabane, sous les regards narquois du dance floor, et là je m’excuse d’avoir été si empressé, et donc elle m’explique qu’elle vient de sortir d’une longue relation de 5 ans, je lui dis que ce n’est pas une excuse, elle me dit que ça fait 1 mois qu’ils ont rompus et que son cœur est brisé en milles morceaux, et là j’eus l’air incontestablement con. Sur ce je la raccompagne au tramway, en vrai gentleman que je suis, et je lui fais la bise pour lui dire au revoir, mais là, sa bouche a légèrement dévié. Ce n’était donc peut-être pas totalement mort.
Le lendemain je suis passé à la phase 2 du plan d’attaque. Il se trouvait que la demoiselle était au Berghain dès minuit, mais moi je n’avais pas envie d’y aller aussi tôt, donc je l’ai laissé un peu mijoter, elle m’a envoyé deux ou trois textos, elle m’a même appelé, et finalement quand je suis allé la retrouver sur les coups de 5 heures du matin, elle était mûre… Elle m’a même avoué qu’elle était allé voir des photos d’Alicia Keys pour se rendre compte par elle-même.
On s’est roulé des pelles pendant deux heures dans un caisson de basse, c’était magique. Mon petit cœur tremblait autant que les murs. J’ai fini par lui dire qu’en fait elle ressemblait plus à Cléopâtre qu’à Alicia Keys. Et puis après un adieu déchirant, elle est partie prendre son avion pour Paris. Je suis sûr que si elle était restée un mois de plus, j’aurais pu concrétiser.

si si je t'assure, il y a un vraiment un air...