Après la création de la page, après la recherche et les sollicitations, il y a les interactions avec les garçons. Il sont au nombre de 22 (vlà les flics ! - mais je ne leur jette pas de pavés) à avoir eu l’autorisation de me parler. Parce que sur adopteunmec.com, on peut faire sa princesse-pétasse, et choisir ses interlocuteurs. Sur quels critères ? Chacune voit. Une bonne tête, une annonce rigolote, bien écrite, j’avoue, je n’ai absolument pas perdu mon temps avec des profils qui ne m’auraient pas intéressée pour de vrai. Un test, si on veut le faire bien, il faut être un peu sérieuse.
22, ça fait 4 mecs sur 100, un ratio qui en dit long. Surtout que je peux en enlever 2, que je connais déjà dans la vraie vie, et qui ont donc gaspillé un charme rien que pour me taquiner, et que je salue au passage. 20 tout rond, donc. Choisis à la fois sur leur bonne mine et la qualité de leurs annonces. Comme dans la vraie vie, j’opère une sélection pas trop pourrie, vu qu’aucun ne me propose d’emblée de faire des cochonneries. Ah si, un petit jeune avec un profil super cute option intello très trompeur qui m’annonce “bonsoir, je cherche une amante, et toi ?“. Je ne peux pas résister, je réponds que moi non, je ne cherche pas une amante. Plus de son ni d’image, j’en déduis que l’humour, c’est pas son truc. Bye bye.
Le premier garçon avec qui je cause est chouette comme tout, à tel point que je traverse Paris (enfin, un arrondissement) pour aller déjeuner avec lui (largement poussée au cul par Ambrouille). En parlant on se rend compte qu’on a travaillé au même endroit pendant plein d’années. Le monde est tout petit. Il est très positif sur le site, d’ailleurs, il a même écrit à ma demande un post très happy qui viendra clôre ma série.
Un autre me dit “bonsoir, tu est charmante” et blabla que le virtuel ça sert à rien alors allons prendre un verre. Je lui réponds que merci il est chou mais que bon, non merci - il a 20 ans, j’avais pas vu, j’ai quand même un âge limite, et il est en dessous. Puis fallait pas mettre un “t” en trop - quoi, jsuis psychorigide ? Et puis surtout, moi, je suis lente au démarrage, il me faut un tour de chauffe par mail avant d’envisager un verre. Un autre est un photographe et je veux pas qu’on fasse des photos de moi, porté sur le BDSM, moi non, fin de la conversation.
Un autre me dit qu’il “aime beaucoup mon profile et espère avoir l’occasion de me parler” - bein tu l’avais, et donc, voilà, fin de la conversation aussi. Un autre me dit “Au delice des mots sont toutes les lances de l’esprit … ” et me propose de me retrouver sur messenger. Ouais mais non, gars, les copier coller, ça le fait pas. Ensuite, d’un autre, j’ai “hello, ça va“. Les mots me manquent pour rebondir. Oui parce que globalement, quand même, si tu te fais chier à remplir un profil, c’est bien pour qu’il y ait matière à dire des trucs pour engager une conversation. Comme dans la vraie vie, je déteste les trucs impersonnels, j’ai toujours l’impression que moi ou une autre c’est pareil, alors que non, en tout cas j’aime bien qu’on me le fasse croire, alors bye bye.
Pour ceux qui commencent à grincer des dents devant ma pouffiasserie, je répondrais que moi, je me sors les doigts du cul (non, c’est pas poli cette expression) pour trouver des angles d’approche originaux, alors voilà, j’attends simplement la même chose. J’ai besoin d’avoir du répondant en face, un mec un peu retors, imaginatif, donc si d’emblée on démarre avec “salut ça va”, je sais que c’est mort. Parce que moi je ne dis pas salut ça va. Donc si on poursuit, je vais m’ennuyer, il va me trouver compliquée, alors autant s’éviter ça. A mon grand âge, je commence à savoir que la rue est une impasse.
Comme jsuis super forte, je trouve le moyen de m’énerver- ouais, je suis comme ça, moi, je m’engueule avec des inconnus sur des sites de rencontres. Un sort une approche “je me demande bien si tu aimes te faire masser les pieds …. “, je l’envoie paître, il me répond que je n’ai pas d’humour ni de deuxième degré, et que c’est fou ce que les filles se vexent vite sur ce site. Je lui sers une petite argumentation maison, et on finit par réussir à échanger de manière plus plaisante. Comme quoi, un mauvais départ, ça arrive. Le deuxième me sort une approche “En fait beaucoup de gens cherchent quelque chose de précis. La plupart des mecs sont en quête de plans cul par exemple si j’en crois ce que les filles racontent”, et je m’insurge, parce que j’aime pas qu’on tape sans savoir sur les autres pauvres garçons, et j’aime pas les clichés. Avec lui on n’a pas réussi à passer ce cap, il insiste, moi je refuse de dire que les mecs sont tous des cons, par contre je dis que la conversation m’intéresse pas. Je suis une pouffiasse masculiniste, c’est les pires.
J’ai quand même des approches sympathiques, voire drôles, de garçons qui ont lu ma fiche avant de me causer, c’est agréable: “L’independance cest pas tres repandue ici. je dirais meme qu il n y a presque que des quiches qui revent de tomber sur une grande histoire direct” ou ma préférée: “Penses-tu sérieusement qu’il soit judicieux d’afficher clairement que les personnes avec lesquelles tu es amenée à communiquer ne sont rien d’autre que des sujets d’étude socio-anthropologiques ?”. D’autres rebondissent sur ma photo, mes mains, Murakami, mon pseudo. Avec ceux-là, y’a moyen de discuter, et je ne m’en prive pas. Moi qui aime tartiner, je suis servie, surtout que des fois, c’est pas inintéressant pour le même prix - et d’ailleurs, je balance: y’a aussi des garçons qui aiment écrire des mails de trois kilomètres.
Bien sûr, j’ai informé que j’étais là pour écrire des posts, du coup, certains s’inquiètent de ce que je vais raconter… mais au moins on peut pas m’accuser de tromper sur la marchandise. La marchandise, elle est là pour bloguer. Mais elle va peut-être aller prendre quelques verres ou se faire une expo, pour la beauté du test. Si ça c’est pas de la conscience professionnelle.
To be continued…