J’ai envie de m’exprimer sur le sujet favoris de la Bulle, les poils. Sauf que moi j’ai pas envie de parler de poils pubiens, n’oublions pas que je suis la caution classe (toute proportion gardée) de ce blog. J’ai envie de parler de poils du visage, et plus précisément, des poils du visage des garçons. Forcément, les poils de visage des filles, ça n’est pas un sujet classe.
Déjà, pour commencer, les garçons qui ont des poils sur la face ne sont plus des garçons. Ce sont des hommes. Mieux: des Hommes. Ils sont passés du côté obscur de la force, assument leur virilité, te la jettent à la face en la laissant pousser sur la leur. C’est beau, la virilité qui s’exprime. Je vote pour.
Barbes, + 10 points. Moustaches. Même si ça me rappelle mon papa / si ça fait producteur de porn’ des années 70 (ce que mon papa n’était pas, je crois). Il y en a sur qui ça pète, mais alors pitié, pas la petite moustache, de la vraie, de la grosse, de la fournie. Mon rédac chef adjoint préféré en a d’ailleurs une sublime (je parle toujours de moustaches). Même un bouc, tiens, ça peut le faire. Ça donne de la maturité, de la personnalité, que des choses appréciables chez le mâle. Ça vieillit, aussi, comme ça on ne culpabilise pas de sortir avec des petits jeunes. Et chez les plus agés, quelques poils blancs, c’est tellement sexy.
Plus jeune, j’aimais les garçons imberbes. Pas de poil, ça fait pas peur, c’est un peu comme moi. Maintenant, je cherche l’altérité. Du poil. Sur la gueule, sur le torse. C’est torride. Ça donne un petit côté homme des bois, je découpe des gros troncs avec ma hâche, j’essuie la sueur sur mon front avec mon t-shirt, dévoilant des abdos… euh… pardon, je m’égare. Bref, pas la chochotte. Celui qui vous déplace votre canapé d’une main sans forcer, et qui en même temps peut torgnoler les méchants avec l’autre main. Un mec, un vrai. Qui vous colle au mur au lieu de vous demander s’il peut vous embrasser.
Justement, c’est là que ça se complique. La barbe longue est douce pour la fille (même si, côté masculin, on se plaint que ça gratte). Jusqu’ici, tout va bien, une fois la première sensation bizarre du contact touffu dépassée. En revanche, avant d’atteindre le graal de la barbe, il faut en passer par le stade barbe qui pousse. Et là, quand on a la peau sensible, comment dire. On va travailler le lendemain avec les joues en feu, la bouche rouge et gonflée, et si l’activité ne s’est pas limitée à s’embrasser, ça peut être l’ensemble du corps qui crie red alert.
A tel point que parfois, on est obligée d’inventer des excuses plus ou moins réussie pour justifier notre empourprement qui crie le stupre. Par exemple, une allergie (hum) ou une chute dans un parking (pas mieux). Comme j’ai la peau très réactive, je suis devenue freelance, ça m’évite d’avoir à affronter le regard chargé de sous-entendus de mes collègues de bureau.
Pendant la période de pousse, donc, serrez les dents, ou ne voyez pas l’homme. Ensuite, knock yourself out, plus de risque, on peut s’amuser avec son bucheron garçon tant qu’on veut, en priant pour qu’il ne se rase plus jamais. Enfin, faut tailler de temps en temps tout de même, sinon ça arrive sous la lèvre supérieure et au niveau des épaules, et là, tout de suite, ça fait moins envie.

Classy