Parmi tous les reproches que l’on adresse aux hommes, à savoir : paresseux, brutaux, fourbes, obsédés, égoïstes, dominateurs et phallocentristes, il y en a un qui, pour une fois, est relativement fondé : « les hommes sont tous des lâches ». Qu’on s’entende : ils ne sont pas lâches quand il s’agit de partir au combat ou de faire des concours de picole… Non, les hommes sont lâches en amour, et c’est un constat que font souvent les femmes à leur dépens.
Les hommes sont généralement incapables de dire en face ce qu’ils ont dans la tête et dans le cœur. Peur de faire de la peine, sans doute, peur de se retrouver seuls, aussi, et probablement, peur de provoquer une crise de larmes et de devoir s’engager dans des explications sans fin. De toute façon, l’homme juge qu’il est beaucoup plus facile de se taire et de fuir ses responsabilités.
A l’occasion de cette grande semaine du mec sur HHY, je souhaiterais humblement apporter ma contribution afin d’aider mes congénères à prendre enfin des décisions courageuses. Dîtes-vous bien une chose, messieurs, ça ne sert à rien de fermer sa gueule, plus on attend et plus on court à la catastrophe. Souvenez vous de ce que dit votre patron à longueur de journées : il faut régler les problèmes avant qu’ils ne vous tombent dessus : être « pro-actifs » , voire « proto-actifs »… Mais cela ne se résume pas à l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir ». En général, pour régler un problème, il faut le provoquer, car tant qu’il n’est pas arrivé, le problème, personne ne veut s’en occuper.
Vous n’aimez plus votre conjointe, vous n’arrivez pas à lui dire et vous attendez qu’elle s’en rende compte ? Au début vous vous disiez que vous feriez ça en douceur ; vous ne pouviez pas lui déclarer cela à brûle pourpoint : elle serait tombée des nues et vous en aurait voulu toute votre vie. Sauf que maintenant, là ça y est, elle a bien senti que ça ne tournait pas rond et elle vous pourrit encore plus la vie en vous demandant sans arrêt ce qui ne va pas. Et vous, vous contentez de répondre « mais rien chérie, j’ai des soucis au travail, et je suis un peu fatigué », et hop, vous remontez le son de la télévision. Mais évidemment l’être anciennement aimé n’est pas dupe et ronge ses doutes comme un os dans un coin de sa tête. Un jour ou l’autre il faudra bien lui dire que vous ne vous sentez nulle part aussi mal que dans le nid conjugal et que c’est la raison pour laquelle vous couchez avec l’assistante de direction (ou au choix la babysitter, la coiffeuse ou la femme de ménage, en fonction de ce que vous avez sous la main), et évidemment, ça risque de faire très mal à ce moment là. Vous auriez pu lui en parler avant, quand même !
La solution, c’est d’arrêter de culpabiliser, après tout ce n’est pas votre faute, ce n’est pas parce que vous lui avez fait un jour de grands serments passionnés que vous n’avez pas le droit de changer d’avis. Qu’a-t-elle donc fait, elle, pour continuer à se faire aimer ? Ne s’est-elle pas quelque peu reposée sur ses lauriers ? Elle a refait toute la décoration de l’appartement sans demander votre avis, et maintenant elle est toute contente. Elle choisit tous les menus de la semaine et elle vous écrit la liste des courses. Elle a même déniché des gants en caoutchouc pour faire la vaisselle… Et elle voudrait que vous vous prélassiez avec elle dans ce doux cocon d’un ennui mortel. Mais merde, vous êtes un homme, vous avez une âme d’aventurier !
Il n’y a qu’une seule chose à faire : vous vous asseyez, vous prenez votre air d’homme déterminé, et vous dîtes : « chérie, il faut qu’on parle, notre couple traverse une crise, je sens que la routine prend le dessus. » Et là vous lui dîtes tout ce que vous avez sur le cœur le plus calmement possible.
Votre compagne se montrera très certainement compréhensive ; elle vous proposera d’inviter vos amis à regarder le foot à la maison, ou bien de pratiquer la sodomie, voire de faire les deux en même temps, tout ce à quoi elle se refusait jusqu’à présent… Elle se félicitera même d’avoir un homme aussi honnête que vous, un mec qui ne fuit pas devant les problèmes. En revanche, si elle vous propose d’aller voir un sexologue ou un conseiller conjugal et que cela ne vous dit rien, surtout ne vous forcez pas, soyez courageux une dernière fois : ayez la force de dire non. Et si tout cela ne suffit pas, il ne reste plus qu’à partir sans vous retourner, mais au moins, vous l’aurez prévenue et vous aurez la conscience tranquille.
NB : Ces conseils sont aussi valables pour les femmes qui seraient prises d’un soudain accès de couardise et qui chercheraient un moyen de renouer avec leur courage légendaire.