Avant hier, je trépignais à la caisse de mon Carrefour market préféré, quand un beau gosse commence à vider son panier derrière moi. Je sors mon plus beau sourire, pose délicatement le séparateur de courses sur le tapis, il me remercie, échange de sourires, lalala, je me dis allez ma fille… et puis je regarde ses courses. Facile à repérer, les solos font des courses pour un, ça se voit. Pas de lait ni de petits pots, pas de produits taille familiale, des trucs à l’unité, pas d’alliance, hop, c’est dans la poche. Sauf que. Des plats touts prêts, des boites de conserve, de l’orangina (sérieux, qui peut boire ce truc ?), du mauvais saucisson, et voilà, mes rêves ruinés en un coup d’œil. Parce que moi, mon tas, il est composé de compotes sans sucre ajouté, de galettes de riz bio, de perrier, donc voilà, le verdict tombe: nous sommes culinairement incompatibles.
Vous allez me dire que c’est un détail, mais non. J’ai vécu un enfer culinaire (enfin, pas que culinaire d’ailleurs) avec un ancien chéri qui voyait vraiment pas en quoi c’était gênant d’acheter des boites de raviolis à la tonne, c’est pas cher et c’est des raviolis, merde. Qui me criait dessus parce que mon budget bouffe était quatre fois supérieur à mon budget fringues et sorties cumulés. Et pour qui faire la cuisine consistait à renverser lesdites raviolis dans une casserole. Voire les manger à même la boite, après tout, c’est pas si mauvais froid, et comme ça pas besoin de faire la vaisselle. L’enfer, je vous dit. Puis je passe sous silence les autres qui me disent que le poulet en batterie c’est pareil que le poulet plein air, que manger bio c’est vraiment un truc de bobo - sauf que moi j’ai été élevée au bio / naturel avant même que quelqu’un ait l’idée d’inventer le terme bobo. Heureusement, il y en a plein aussi qui aiment bien mes machins bios, ce qui me rassure vaguement.
Donc la bouffe, c’est une big issue. Très, très important. J’aime bien manger, je cuisine, j’aime faire mes courses dans des supermarchés bio ou au marché. Et non, c’est pas tellement si plus cher que des trucs dégueus pré-préparés. Et puis même si ça l’est un peu, c’est mon choix, mon bon monsieur. Je préfère aller peu au resto mais dans des vraiment bons, aussi. Sortir pour bouffer un truc que j’aurais fait moi même en mieux, je vois pas l’intérêt. Donc c’est discriminatoire, ma bouffe bio refuse de cohabiter avec de la merde en boite. Enfin je suis pas non plus psychorigide, hein, les gens mangent comme ils veulent, sauf que moi ça fait 34 ans que je bouffe comme ça, peu de chance que je m’arrête. Alors si c’est pour se prendre la tête avec son chéri à chaque fois qu’on fait les courses, nan merci.
Donc maintenant, je regarde les garçons tout seul au supermarché bio. Bon, y’en a pas beaucoup. Mais hier, un joli roux aux yeux bleus pas très français checke mon panier qui crie les courses de célibataire, j’en fais autant, on se cogne en choisissant des filets de poulet à l’unité, il me dit “sorry euh pardon”, on rigole, c’est beau. Mais comme je suis une truffe, j’ai rosi quand il m’a re-sourit à la caisse, baissé les yeux, trifouillé mon iPhone, et me suis enfuie en courant avec mes légumes bios.
Aujourd’hui, une amie journaliste qui fait un papier sur les sites de rencontre m’a demandé si je connaissais marmitelove.com. Hilare, je suis allée voir, et bein c’est un site de rencontre autour de la cuisine et des gouts culinaires. Quelle brillante idée. Du coup, je me tâte, après ma tentative adopte, si je tentais le coup de food (ah, cette baseline, extraordinaire) ? Vous en pensez quoi ?