Le garçon est une énigme pour la fille. Y’a qu’à voir, ou plutôt écouter, une grande partie des conversations féminines est consacrée à l’étude du comportement de l’animal. Pourtant, c’est super simple. Moi par exemple, j’ai presque tout compris. Je dis presque, parce que le panel étudié de près représente même pas 0,0000016% du total de la population masculine française de 20 à 59 ans (ouais, j’ai calculé), mais quand même. Donc voici une ébauche de mode d’emploi.
Le garçon dit ce qu’il pense et pense ce qu’il dit, souvent. Simple, efficace, pragmatique. Arrêtez donc de gratter avec des “et si mais oui m’enfin”, exemple, si le garçon vous dit « j’ai pas envie de m’engager », ne surtout pas y voir un challenge à relever, genre “même pas cap que j’m'engage avec toi”. Idem avec “je veux un truc léger”. Il vous épousera pas. C’est juste de gentils euphémismes pour pas dire « je veux pas vraiment de toi », utilisés pour éviter cris, larmes, et plantage de longs ongles fraîchement manucurés dans les yeux. Et non, ça changera pas en attendant quelques années, à l’usure.
Le garçon lui-même ne changera pas non plus. Intrinsèquement, je veux dire. Une coupe moche, des goûts vestimentaires douteux, ça peut, en revanche, des traits de caractère, nan. Un queutard ne vas pas se transformer en moine pour vos beaux yeux, un mec qui déteste voyager ne va pas vous embarquer en week-end suprise, un snob de merde ne viendra pas boire un p’tit jaune chez Dédé la frite, un autiste ne pas pas animer vos dîners, etc. J’ai bien quelques exemples de changements, mais ça reste anecdotique. Soit vous conservez le garçon en l’état, soit vous arrêtez de le traumatiser et vous allez voir ailleurs.
Le garçon parfait-qui-a-tout-bon n’existe pas. Comme des fuck me shoes assez confortables pour faire du jogging, le jean qui vous fait un cul d’enfer, paraitre dix kilos de moins et 30 cm de jambes en plus. Ce sont des légendes urbaines. Alors si votre vie sentimentale ressemble à un casting vache qui rit, sans la vache rouge à la fin, soit vous attendez la vache rouge, et vous mourez seule et pleine de toiles d’araignées mal placées, soit vous respirez un coup et arrêtez d’être intransigeante. Ou pas. Mais alors assumez, et vous plaignez pas.
Le garçon, on lui a toujours dit que s’il voulait niquer, fallait être gentil. Ça marche mieux que “salut, on baise ?”, il paraît. Alors il est gentil, des fois très, des fois trop, des fois même on dirait qu’il est amoureux ou en voie de l’être, alors qu’il veut juste passer en position horizontale. Alors oui, ça peut être confusant. Moi je dis, pour savoir, passez à la casserole, s’il continue à être gentil après… euh… c’est qu’il a peut-être envie de recommencer. Si après avoir beaucoup recommencé il est toujours gentil, alors c’est qu’il l’est vraiment.
Le garçon est un poisson rouge. Il vit dans l’instant présent, dans le tour complet de l’aquarium, quoi. Il peut vous dire des choses merveilleuses en les pensant très fort, et disparaître dans la nature après. Ce n’est pas que toutes ces choses merveilleuses n’étaient pas vraies à l’instant précis où elles ont été prononcées, c’est juste qu’il a oublié, est passé à autre chose. En gros, s’il vous dit “j’ai très envie de te revoir” et n’appelle plus jamais, c’est pas grave. Ce qui compte, c’est qu’il avait envie quand il l’a dit. Entre temps, il a fini son tour d’aquarium.
Le garçon sait très bien montrer de la motivation. Alors s’il ne rappelle pas, ne donne pas de nouvelles pendant deux semaines, c’est pas qu’il est très occupé, qu’il a peur, qu’il a perdu son portable ou je ne sais quelle autre explication bizarre que vous pourrez inventer, c’est juste qu’il n’en a rien à foutre. Ça arrive. Pas la peine de laisser 15 messages et 30 mails.
Le garçon n’est pas très démonstratif. C’est un fait. Ça tombe à moitié bien, vu que la fille a-do-re spéculer dans le vide. Alors comment savoir s’il ressent des trucs, s’il verbalise pas ? Les faits. Le seul signe fiable, c’est qu’il est encore là au bout d’un nombre significatif de jours, voire de mois, et que même, il a pas l’air trop mécontent.
Le garçon est menteur. C’est pas sa faute, c’est la loi de l’emmerdement minimum. Il s’imagine qu’en racontant des bobards, il se fera moins “prendre la tête”. Camoufler la énième soirée mecs en réunion boulot, par exemple. Dire “jsuis pas très en forme” plutôt que “j’ai envie d’être peinard tout seul”. Le pire, c’est qu’il a pas tort. Quelque part, c’est votre faute. Assumez. Ou laissez entendre qu’une fois la supercherie découverte, ça sera quatre fois pire. Ça le fera peut-être réfléchir.
Et pour finir - non que je sois à court d’idées, mais ça va être trop long à force, un scoop insensé. Le garçon aime les chieuses. Oui. Il fait croire que non, mais si. On m’a dit DEUX fois “t’es pas assez chiante”. Oui. Et pourquoi ? Parce qu’une fille casse-couilles exprime de l’intérêt, via un besoin viscéral du garçon, des crises de jalousie, et j’en passe. Ça le rassure. Enfin pas trop chieuses non plus, sinon, cf la fameuse loi de l’emmerdement minimum, il se barre.
Voilà. Comme j’ai dit au début, c’est super simple. Je laisse à d’autres le soin d’écrire “La fille, mode d’emploi”, y’a de quoi faire aussi.