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Le métro
11 novembre 2009 by HitoBoy

ndlr: on accueille encore un nouveau venu, HitoBoy… on commence à être nombreux et c’est fabuleux, n’en déplaise aux grincheux qui disent qu’il y aura bientôt plus de contributeurs que de lecteurs.

Le métro, c’est horrible.

Un univers claustrophobique où se mêlent en paquets humains toute la hargne, l’empressement et l’incivilité citadine.

Le métro n’est pas un moyen de transport, c’est une éprouvette géante où s’expérimentent la perte de repères, la violence ordinaire, les larcins anonymes et les musiques les plus atypiques.

Les publicités, les tags et la crasse s’associent à l’agression lumineuse pour laver calmement le cerveau du passager. Les perceptions se déforment, le regard se vide et les pensées tombent dans les chaussettes.

On stagne tel un vieux boxeur encore sonné, attendant docilement la cloche libératrice indiquant la sortie de la cage géante.

Otages que nous sommes de ce monde miniature, c’est la recherche de l’humain qui est notre bouée de sauvetage.

Alors on scrute, on observe et on attend. Si exigeants d’habitude, nous nous ravissons du moindre imprévu, du petit exotisme d’une tenue ou d’un visage ou du plus léger sourire.

8 ans d’âge mental, on lorgne, on cherche un reflet, on parcourt une nuque ou des yeux fixés au loin.

Soudain les yeux se croisent et tout se complique : que faire? comment réagir ? cacher sa rougeur ou lancer un regard fort ?

On ne sait plus comment faire, on a 8 ans et demi.

Et c’est ainsi que vont les amourettes métropolitaines, petites oasis de candeur et d’humanité pure. On a le cœur qui bat et on se met à croire. Et quand vient la sonnerie de sa station, on pense entendre la cloche de l’école.

Le métro, c’est le seul endroit au monde où on peut être fleur bleu et vivre des histoires d’amour instantanées, comme quand on avait 15 ans.

Le métro, c’est génial.


8 Responses  
Thalie writes:
11 novembre 2009 at 12:54

Très joli post.
On a tous ce vieux fantasme de l’inconnu du métro(du train, de l’avion, etc), moi-même j’ai hésité deux ou trois fois à franchir le pas, faire un sourire au lieu de regarder mes pieds, glisser un petit mot dans le creux de la main avant de descendre…ce que je n’ai jamais fait bien sûr. Dans le métro. Mais j’ai un souvenir ému de rencontre dans un train de nuit thaïlandais.

Ambrouille writes:
11 novembre 2009 at 17:02

Bienvenue Hitoboy !!
J’adoooooore ton post ! Et je vais te dire ça me manque le métro parisien. A Berlin c’est le métro à Papa, il n y a pas ces couloirs interminables et nauséabonds qui sont comme les intestins de la ville, ni les portes de la Ligne 14 qui te broient les côtes parce que tu as voulu bêtement laisser le temps aux gens de sortir. Il n’y a pas ces tourniquets qu’il faut franchir au prix de milles ruses et acrobaties, ni ces adolescents qui écoutent du rap sur leur ghettoblaster de poche. Il n’y a pas les bousculades de la ligne 13, il n’y a pas tous ces gens qui courent, qui râlent, et qui font des gueules d’enterrement… Le metro parisien, c’est une jungle, une aventure quotidienne, le combat de l’individualité dans la masse !
Et parfois, moi aussi je me surprends à tomber follement amoureux de ma voisine d’en face, alors je la regarde avec insistance pour lui arracher un sourire. Me voici arrivé, je dois descendre, le métro ferme ses portes derrière moi, je me retourne une dernière fois pour apercevoir l’être aimé à travers la vitre, et parfois, je croise son regard qui me dit adieu.

Grenoblois writes:
11 novembre 2009 at 23:32

Génial cet article. Si vrai.

YaelCheapVip writes:
12 novembre 2009 at 00:21

J’adore ! Il y a quelques semaines j’ai vécu une de ces amourettes expresses que j’aime à appeler “instants carte noire”. Il nous a fallu 2-3 stations pour s’apprivoiser, autant pour s’aimer, un arrêt et une confrontation quai/vitre pour se quitter. En quelques minutes on a traversé les doutes, l’excitation, la découverte, l’interposition de tiers (mais heureusement y avait la vitre qui nous permettait de garder un contact visuel indirect…ahh la vitre !!), puis la séparation, la distance… l’oubli
Ah… d’y repenser j’en suis encore toute chose ! Et mon coeur bat quand je refais ce trajet toutes les semaines !
:-))

Silisarah writes:
14 novembre 2009 at 00:31

hito boy : moi connais pas le métro parisien (ou si peu…) et ton post me fait un peu peur bien qu’il m’intrigue aussi.
et au risque de contredire Ambrouille (hé oui, le courage me gagne!) le métro berlinois, dans lequel j’ai du passé à peu près un tiers de ma vie de berlinoise, est très foisonnant et passionnant ! (et reposant parfois) notamment, je me suis retrouvée à pauser pour une jeune femme (très belle…) faisant des croquis sur son petit calepin à 3 sièges de distance devant moi. on a eu une bonne dizaine de contacts visuels pendant les 15 stations qui nous étaient données pour s’amadouer… ensuite elle est sortie de la rame et, comme vous l’avez si bien décrit très chers collègues, j’ai eu droit à mon adieu à travers la vitre du wagon. elle s’est même retournée pour me regarder une dernière fois et me dire “merci” d’être restée dans la même position, quasiment sans bouger pendant tout le temps qu’elle m’observait et me dessinait. très bon souvenir !

HitoBoy writes:
16 novembre 2009 at 16:15

Hello à tous,

Merci pour vos grains de sel, ça me fait très plaisir.

Si j’aimerais bien savoir ce qu’on peut faire dans un train de nuit Thaïlandais (hun hun), je suis surtout content de voir que vous avez vous aussi un jour aimé ce moyen de transport et le romantisme fougueux qu’il fait naître en quelques secondes.

ça m’a rappelé que mon premier amour, je l’ai rencontré dans le métro. 15 ans tous les deux, on prenait le métro à la même station, on descendait à la même station. On se regardait furtivement. L’observation a duré 6 mois. Et un jour elle s’est planté devant moi : “pourquoi tu me parles pas ?”, je me suis caché derrière ma mèche, mon blouson en jean et mes écouteurs. Elle a sourit et m’a dit “on va prendre un verre ce soir, tu finis à 18h je crois”. On s’est vus tous les soirs de la semaine. Le samedi matin on prenait le métro main dans la main. Collés l’un à l’autre, on ne voyait plus les stations passer.
C’est bon ça.

Thalie writes:
16 novembre 2009 at 23:45

Tu m’étonnes, que c’est bon. Je suis jalouse, moi aussi je veux une histoire de métro. Ou de n’importe quel autre moyen de transport, je suis pas (si) difficile.
D’ailleurs, ce soir, j’ai failli avoir une happy histoire d’avion à raconter, mais comme j’ai foiré, je vais la raconter sur un autre blog (un peu de promo).
Et les trains de nuit thaïlandais, c’est l’occasion de faire connaissance en 8 heures de trajet, un très joli épisode.

la roulotte writes:
20 novembre 2009 at 00:01

Je tombais trop amoureux dans le métro, j’ai acheté un scooter.

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