ndlr: on accueille encore un nouveau venu, HitoBoy… on commence à être nombreux et c’est fabuleux, n’en déplaise aux grincheux qui disent qu’il y aura bientôt plus de contributeurs que de lecteurs.
Le métro, c’est horrible.
Un univers claustrophobique où se mêlent en paquets humains toute la hargne, l’empressement et l’incivilité citadine.
Le métro n’est pas un moyen de transport, c’est une éprouvette géante où s’expérimentent la perte de repères, la violence ordinaire, les larcins anonymes et les musiques les plus atypiques.
Les publicités, les tags et la crasse s’associent à l’agression lumineuse pour laver calmement le cerveau du passager. Les perceptions se déforment, le regard se vide et les pensées tombent dans les chaussettes.
On stagne tel un vieux boxeur encore sonné, attendant docilement la cloche libératrice indiquant la sortie de la cage géante.
Otages que nous sommes de ce monde miniature, c’est la recherche de l’humain qui est notre bouée de sauvetage.
Alors on scrute, on observe et on attend. Si exigeants d’habitude, nous nous ravissons du moindre imprévu, du petit exotisme d’une tenue ou d’un visage ou du plus léger sourire.
8 ans d’âge mental, on lorgne, on cherche un reflet, on parcourt une nuque ou des yeux fixés au loin.
Soudain les yeux se croisent et tout se complique : que faire? comment réagir ? cacher sa rougeur ou lancer un regard fort ?
On ne sait plus comment faire, on a 8 ans et demi.
Et c’est ainsi que vont les amourettes métropolitaines, petites oasis de candeur et d’humanité pure. On a le cœur qui bat et on se met à croire. Et quand vient la sonnerie de sa station, on pense entendre la cloche de l’école.
Le métro, c’est le seul endroit au monde où on peut être fleur bleu et vivre des histoires d’amour instantanées, comme quand on avait 15 ans.
Le métro, c’est génial.