ça n’a rien à voir avec le thème de la semaine ( la déco vaginale) mais, comme ça n’ a pas l’air de vous faire beaucoup réagir, je vais tenter un autre thème, beaucoup plus universel : la cigarette, celle qu’entre amis on nomme affectueusement ” la garo”. Je me suis engagée avec elle il y a dix ans, et malgré nos relations tumultueuses, je n’arrive toujours pas à la quitter.
Dix ans que j’ai commencé à fumer, et dix ans que j’essaye d’arrêter. Je n’ai jamais vraiment assumé ma tabagie. Donc je m’arrête régulièrement… Au début c’est assez difficile, mais la volonté est capable de tout… La première semaine sans garo, c’est comme une libération : on se sent fort, fier, courageux, la vie est vraiment plus belle , on est sûr que cette fois c’est la bonne et qu’on ne reprendra plus jamais. Et puis le temps passe et la nostalgie nous prend : très vite la vie semble totalement vide de sens et on sombre dans une profonde dépression. On tente en vain d’occuper sa bouche par tous les moyens, en parlant, en mangeant, en roulant des pelles, et surtout en picolant, mais rien ne remplace la sensation voluptueuse de la fumée pénétrant dans la gorge… Alors on craque, on en fume une petite, on la savoure avec un délice mêlé de culpabilité, et on se dit qu’on fait juste une exception… Mais en réalité c’est le début de la fin. On en fume une le lendemain matin, on taxe des clopes à droite à gauche, on croit gérer encore un peu mais on ne gère plus du tout. Au bout de deux ou trois mois de cette torture, on finit par décomplexer, on accepte enfin de reprendre, et on court s’acheter un paquet.
A ce moment là je m’abandonne complètement à mon vice comme pour rattraper toutes ces semaines de frustrations, je fume dans mon bain, dans mon lit, dans l’ascenseur, jusqu’à devenir un cendrier vivant. Ma peau devient jaune, mes dents grises, mon haleine fétide, mes doigts crochus, mon gosier sec et brûlant comme le sable du désert, mon cœur semble prêt à me lâcher d’un instant à l’autre, mes poumons sont pleins comme un vieux sac d’aspirateur. Je suis mort de fatigue en permanence et je bande mou. Alors je suis pris de panique, je me dis que je ne peux pas continuer comme ça, et du jour au lendemain, j’arrête, définitivement cette fois.

je veux pas dire, mais une clope c'est bien meilleur qu'une pipe.