Bon, je me colle au sujet de Silisarah, à savoir, pourquoi les garçons n’aiment pas qu’on utilise l’adjectif “petit” dans une phrase les qualifiant. Petit rappel, déjà, l’utilisation parfois abusive de “petit” machin est quand même plutôt réservée aux filles. On sait pas pourquoi d’ailleurs, mais on a tendance à le coller partout. Exemple, je boirais bien un petit verre. Il est mignon ce petit haut. Je me suis achetée un petit maillot. T’as une jolie petite bouille. J’ai découvert un fabuleux petit resto. A croire qu’on vit encore dans un monde miniature, avec des barbies dedans, où tout est mini, du sèche cheveux au camion en passant par l’appareil génital de Ken. D’ailleurs, il n’est pas petit, il est inexistant, j’adresse au passage un SOS à Mattel, cessez de nous faire croire que les garçons sont musclés, imberbes, avec des cheveux en plastique, un sourire vissé à vie sur la face, les dents blanches, et complètement plats sous la ceinture. Parce que bon, le jour où on en voit un pour de vrai tout nu, vlà le choc. Je demande donc un Ken poilu, barbu, avec un service trois pièces qui pendouille, normal quoi (et au passage vous me mettrez des tétons et des poils pubiens à la madame). Bref.
Donc, les filles, ça miniaturise tout, surement parce que c’est plus mignon, affectueux, rassurant, de mettre à la fois un bémol à l’immensité des choses, et de se les approprier un peu. Voilà. C’est nous, on est comme ça, une certaine propension à la niaiserie, au kawaï et au chamallow (rose). Celles qui disent ouais mais non même pas vrai sont celles qu’on retrouve en douce avec une culotte hello kitty ou en train de s’extasier sur un bébé lapin. Tout ce qui est petit est joli, nous a t on répété, moi avec mon quasi mètre soixante ça m’arrange bien d’ailleurs.
Par contre, les garçons, qui sont des mâles des vrais, forcément, ils n’ont pas envie qu’on les miniaturise, qu’on les mignonnise ni qu’on les recouvre de notre affection dégoulinante parce qu’ils ont peur que ça colle, après. Les garçons, généralement, ça veut suer la virilité.D’ailleurs, ils achètent des grosses voitures (si vous me trouvez un mec qui dit “jme suis acheté une petite voiture toute mimi, faites moi signe). Ils consomment des grosses boissons (une pinte, soit un demi litre de bière quand même, se boit vite). Ils mangent des gros steaks (faut des forces pour aller chasser le mammouth). Ils se font pousser des gros muscles. Ils crient fort “beuaaaaah” en tapant sur la table. Nous, petites choses fragiles, eux, gros hommes forts qui protègent femme. Toute phrase, même en forme de compliment, impliquant autre chose, c’est comme taper avec un poing américain entre leur jambe. Moi puissant, moi pas mignon ni attendrissant.
J’exagère ? Nan. Pas tant que ça. C’est quand même vrai, que le mâle a du mal (héhé) avec les compliments en général, et les compliments qui ne flattent pas directement sa masculinité en particulier. T’es beaaaau, t’es fort, t’es intelligent, bien. T’es chou, t’es gentil, t’es mimi, t’as une belle petite gueule, mal. Et alors attention, comme on le souligne, l’utilisation de “petit” fait surement ressurgir des vieux traumatismes de “petite bite” dans les cour de récré. D’ailleurs, si vous voulez vraiment agacer un garçon, le qualifier ainsi, ou mieux, faire un geste à son intention, avec la main, de type mesure, la distance entre le pouce et l’index représentant à peu près deux centimètres, le foutra en rogne ad vitam. Ça, c’est pour les étrangers. Quant à votre moitié, n’émettez jamais l’hypothèse que son sexe n’est pas le plus fabuleux qu’il vous ait été donné de contempler. Si vous n’avez rien de positif et crédible (ne pas dire non plus, avec des paillettes dans les yeux “tu as un énorme sexe, amour” s’il plafonne à 10 cm option crayon en érection) à dire, et bien, taisez vous, trouvez une autre partie de son anatomie à complimenter (j’aime ta grosse barbe).
Voilà, maintenant qu’on sait ça, on peut soit s’abstenir à jamais de dire “petit”, soit persister à saluer les “beaux petits culs”, en se disant que dans le tas, y’en aura bien quelques uns qui ne prendront pas ça pour une insupportable atteinte à leur virilité. Ceux qui n’ont pas de problème avec ladite virilité, donc, et qu’il est recommandé de sélectionner versus celui qui se fâche tout rouge en hurlant “chsuis pas un pédééé”.