Y’a plein de boissons bien, pour aller avec des tas de trucs, le champagne avec les petits fours, le vin avec le fromage, le digestif avec les repas qui n’en finissent plus, et moi j’aime tout ça. Mais mon alcool fétiche que j’aime et je vénère et que je voudrai jamais m’en passer, c’est une vraie boisson de couillus, comme dirait La Bulle. C’est le Ricard.

Enfin Ricard avec son soleil au dessus du logo, ou pastis, pastaga, quoi, jsuis pas sectaire, du moment que ça fleure bon l’anis. Le pastis, c’est même pas une boisson, c’est une religion. Parce qu’on n’en prend pas un comme ça par hasard. Surtout quand on est une fille, et qu’on a droit au sourcil relevé du serveur. Oui, on sait, c’est pas la représentation classique du glamour, une fille qui boit un pastis en terrasse. On sait mais on s’en fout.
On prend un Ricard parce que ça évoque des glandes au soleil, des apéros interminables, des cigales, des parties de pétanque, de la sieste à l’ombre des pins parasols dans des transats, “à la cool” avec des amis précieux. On prend un Ricard pour avoir un avant ou un arrière-goût de vacances, d’insouciance, des relents de journées rythmées par les apéros et les repas. Pour faire rejaillir ces souvenirs même quand il fait gris, moche, qu’on a le moral en berne et qu’on travaille. Et puis on le prend aussi parce que tout ça on l’a en live, qu’on est vraiment en vacances, et que du coup, tout est parfait.
Le Ricard, c’est le rituel, le verre arrive, avec son odeur caractéristique. On met un glaçon. On met de l’eau, pour obtenir la dilution adéquate, sa dilution rien qu’à soi. Des fois, on est gourmand, on se fait goulument une mauresque (un, une, whatever) en ajoutant cet orgeat qui se marie si parfaitement à l’anis. Ça se prépare méthodiquement, avec des gestes précis, une certaine concentration.
Et les initiés à ce rituel là, ils sont souvent loin de l’image de beaufitude qui colle à la peau de cette boisson. Ce sont des filles, parfois, des garçons, souvent, qui revendiquent tous un certain droit à la décontraction et à la tranquillité. D’ailleurs, il y a une sorte de complicité parmi les buveurs de Ricard, surtout quand ils ne vivent pas dans le sud de la france. Un signe de tête entendu, un clin d’oeil, je t’ai reconnu, toi aussi tu en es.
Le Ricard, c’est plus qu’un apéro, c’est plus qu’une vulgaire boisson, c’est une déclaration d’amour d’épicuriens à un mode de vie lent, contemplatif et jouissif. Tout ça dans un simple apéritif anisé, c’est la classe.
