La fille vertueuse n’est pas coincée, ni peste, et peut même parfois être drôle. On ne lui connaît aucun défaut, elle est totalement pure. Elle traîne toujours avec elle une sorte d’aura, un magnifique air innocent et ingénu… On la prendrait pour la Vierge Marie en personne.
Lorsque ce genre de fille fait l’amour avec son petit ami, ses cris de jouissance ressemblent à des “Halleluja” qui seraient chantés par un ange.
Jamais elle ne dira un mot de trop, jamais on ne l’entendra dire du mal de quelqu’un, jamais elle ne fera preuve d’un quelconque mauvais esprit. Et le plus triste c’est que la fille vertueuse a un destin tragique, tôt ou tard elle finira par tomber sur un tentateur machiavélique, un être vil et vicieux, qui charmé par sa pureté, cherchera par défi à la corrompre et lui faire goûter les délices de la perversion. C’est exactement comme dans les liaisons dangereuses avec Cécile de Volanges et le vicomte de Valmont. Et lorsque la fille vertueuse, après une longue et vaine résistance, finit par succomber, ses cris de jouissance ne sont plus du tout des Halleluja d’allégresse, mais plutôt de monstrueux gémissements de plaisir coupable.