Hier c’était la journée pour le droit des femmes. C’est le genre de trucs sur lesquels il ne faut pas plaisanter, alors sur HHY, on s’est abstenu. Si vous voulez pleurer un bon coup sur la condition féminine, vous pouvez aller lire le billet de Perséphone Ioudgine, qui est bouleversant.
Moi en ce lendemain de la journée des femmes, je voudrais m’excuser auprès du genre féminin pour toutes les fois où j’ai été goujat, et ça doit se compter par centaines, voire par milliers. Comme dit La Bulle, il faut archiver ses souvenirs de merde pendant qu’il est encore temps, et en plus ça devrait me faire du bien.
La première fois c’était un beau samedi après-midi de printemps, j’avais 12 ans, une copine de classe avait organisé une petite boum rue Montézin, à Veneux-Les Sablons. En ces temps bénis, la moitié de la programmation musicale était composée de slows, presque tous tirés de la discographie de Brian Adams. Parmi les convives, il y avait une jolie petite fille blonde avec une jolie petite jupe longue. Je l’ai invité à danser, ce qui eut l’air de la flatter. Et moi, juste dans le but de rigoler un coup, je me suis amusé à lui soulever la jupe (en réalité je faisais semblant et je n’ai pas dépassé les genoux). A ma grande surprise, la demoiselle s’est sentie vraiment offensée et est allé pleurer dans les bras des ses copines, et moi je ne me suis jamais senti aussi con…
Mon problème c’est que suis prêt à tout pour un bon mot qui ne fait souvent marrer que moi. A chaque fois je crois plaisanter légèrement, et en réalité je montre ma vraie nature d’obsédé macho. Franchement je n’ose pas raconter tout ce que j’ai fait : balancer des horreurs sur ma petite copine devant ses meilleures amies, envoyer chier des exs dont je venais de briser le cœur, écrire des textos disant “merci pour cette nuit, ce fut très agréable, mais je pense que cela doit rester un épisode ponctuel”, et encore là je vous parle que des trucs avouables. J’ai vraiment fait des trucs pas classe, du genre une fille qui me dit : “j’aime ta bite”, je suis capable de lui répondre “et ben tu n’es pas la seule”. J’ai le don pour briser complètement des moments magiques.
Et le pire c’est que les filles avec lesquelles je me suis le plus mal comporté sont celles auquel je tenais le plus. Quand je me sens aimé, je prends trop confiance, et je deviens vraiment exécrable, tout en me croyant drôle. Alors je finis toujours par m’excuser platement, et il me faut souvent plusieurs années pour me faire pardonner.
Je dois surement avoir un problème nécessitant une thérapie, mais franchement je suis loin d’être le pire des hommes, je reste un tant soit peu fidèle, je ne dis pas à une fille que je l’aime si je ne le pense pas, je suis un mec globalement réglo, et même un peu sensible. Il m’arrive juste de commettre certaines maladresses alors que j’essaie simplement d’être sincère sans blesser les gens : en général, j’échoue dans ces deux domaines.
Heureusement les hommes ne sont pas tous des salauds. Les mecs vraiment respectueux existent, il y en a plein même. En général on dit d’eux que ce sont des carpettes, car oui, les filles dominatrices, manipulatrices et hystériques, ça existe aussi… Le bon sens populaire dit même que les femmes sont attirées par les salauds et que les hommes adorent les chieuses. Si vous pensez que c’est un cliché, et bien regardez un peu autour de vous.
Moi par exemple je culpabilise tellement qu’à 40 ans je finirais surement avec une authentique chieuse qui me traitera comme un objet sexuel, me trompera ouvertement avec tout le quartier, m’enverra au Leclerc avec la liste complète des courses (et gare à moi si j’oublie un truc), et qui me marchera sur le dos avec des talons aiguilles…
Et ça sera bien fait pour moi.