Avec un nom pareil, on aurait pu s’attendre au pire. Fort heureusement, on n’en a pas conservé l’intégralité pour nommer votre découverte. Soit dit en passant, je serais curieuse de savoir ce qui vous a poussé à chercher puis trouver ce spot, mais je ne saurai jamais. L’étude, selon mon ami Wikipédia, date de 1950, mais bizarrement, on n’a mentionné ce lieu qu’en 1982. Donc, cher Docteur, vous avez découvert le point G. Je vous en félicite, c’est une bien belle trouvaille. Enfin, pour celles qui l’ont trouvé. Faut dire, les indications sont à peu près aussi précises que pour l’or des nazis ou le graal, et tout le monde n’a pas Indiana sous la main - et on le déplore, d’ailleurs. J’ai lu beaucoup de littérature sur le sujet, et tout ce que j’ai retenu, avec ma mémoire de poisson rouge, c’est “environ à 5 cm de l’entrée du vagin, face antérieure”. Déjà, c’est vache, parce que ça oblige à avoir le compas dans l’œil, et un minimum de vocabulaire pour savoir où est la face antérieure.
Ensuite, on en parle toujours avec toutes les précautions d’usage. “Peut” provoquer une réaction sexuelle intense, “peut” provoquer un orgasme. Donc, la blague, si je résume, c’est qu’il faut le chercher, et ensuite, quand on l’a trouvé, on n’est même pas sûre de pouvoir changer le plomb en or. On parle de terminaison du clitoris, de prostate féminine, de petite boule qui grossit quand on la stimule, puis éventuellement, comme si c’était déjà pas assez compliqué, on lie ladite stimulation à l’éjaculation féminine (le graal, épisode 2). Vous m’en direz tant. Et puis début 2010, la nouvelle atroce est tombée. Suite à une brillante étude menée sur 1804 jumelles (je vois pas le rapport, mais bon), on affirme que le point G n’existe pas.
Merde alors. On a passé des années à le chercher, on s’est sentie moins que rien parce qu’on le trouvait pas, ou au contraire super fière de l’avoir trouvé, et il n’existerait pas ? Moi, je veux croire qu’il existe, parce que c’est sympa de fouiner pour mettre la main (enfin, euh, peut-être pas la main entière) dessus, seule ou accompagnée. A condition qu’on n’en fasse pas une fixation, et que ça devienne pas une vanne condescendante “quoi, t’as pas trouvé ton point G ? t’es nuuuulle”. On a déjà assez de raisons de ne pas se sentir au top tous les jours, sexuellement inclus, point besoin d’une nouvelle. Puis d’un autre côté, est-ce que ces messieurs les scientifiques n’ont pas mieux à faire que d’essayer de percer les secrets du plaisir féminin - même si j’entends bien qu’une certaine curiosité teintée de jalousie puisse les motiver ? Parce que franchement, si c’était simplement une histoire bête et mécanique de localisation de terminaisons nerveuses, on pourrait prendre son pied tout le temps, avec n’importe qui, et la misère sexuelle ne serait pas ce qu’elle est, donc, ça se saurait. Néanmoins, je vote pour l’utilisation de tous les moyens à disposition pour éprouver du plaisir, et donc, si y’a présumément un truc cool supplémentaire, autant ne pas réfuter son existence. Vu que le sexe, ça se passe essentiellement dans la tête, c’est très bien d’y croire.
Pour terminer sur une note amusante mais qui résume très bien la situation, je cite Damien Mascret, auteur de La Revanche du clitoris, (piqué dans un post très bien ici): “Pourquoi –alors même que toutes les femmes ont un point G– ne sont-elles pas capables d’en jouir? Nous avons tous des oreilles, mais nous ne sommes pas tous capables d’éprouver du plaisir en écoutant Bartok.”

Le point G by Gucci