Un soir, même pas bourrée d’ailleurs (je tiens à le souligner), une idée m’a traversé l’esprit. J’écoutais une amie me narrer son histoire avec un garçon, et là, soudain, le flash. Je l’ai donc gratifiée d’une longue tirade, suite à cette épiphanie: les garçons, c’est comme les chiots.
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J’aime bien partir en vacances seule, ça ne m’a fort heureusement jamais posé de problème, mais je préfère quand même partir accompagnée. Cette fois, j’ai tapé fort. Point de meilleure amie, point de copain homo. Un suédois. Rien que ça. Un que j’avais rencontré un an plus tôt à Berlin en achetant des pizzas (et consommé), revu à Paris (et re-consommé), et qui de loin, ressemblait fortement à un garçon que j’aurais épousé dans la seconde s’il n’avait été à deux heures d’avion. Il était blond, il était beau, il sentait bon le gravlax chaud.
Vous êtes son type d’homme. Vous l’avez séduite. Déjà, bravo d’être arrivé jusque là, vu que c’est pas une mince affaire. Donc vous êtes dans la place, et pour une obscure raison qui vous appartient, liée à son physique avantageux, ses talents culinaires, son sens de l’humour incomparable, au choix, vous avez envie d’y rester. Et donc qu’elle aussi. On va vous prévenir tout de suite, c’est pas facile, d’être à deux, et c’est encore moins facile d’être avec une fille. Je sais de quoi je cause, j’en suis une. Ça pourrait être relativement simple, même si l’exposition répétée à une certaine promiscuité ne l’est jamais complètement, sauf que ça l’est pas, parce que malgré ce qu’on nous raconte, il y a une chose essentielle à ne pas perdre de vue: un garçon et une fille, ça marche pas pareil. Avant que vous ne commenciez à lire, je vous prie de garder en mémoire que je dis beaucoup de conneries, et que je fais beaucoup de généralités.
Désolée pour ceux qui réclament, je ne vais pas tout de suite relâcher la bête de sexe qui sommeille en moi. D’ailleurs pour info, la bête, l’hiver, elle hiberne, parce qu’il fait trop froid pour être tout nu, même quand on s’agite beaucoup. Je ne fais donc des choses sexuelles que de mai à septembre. Le reste du temps, je vais au ciné, je lis des livres, j’étudie les garçons de loin (et un ou deux de près), et je rigole beaucoup. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, les garçons, c’est pas tout pareil que les filles. Et je ne parle pas que de considérations physiques. Il y a des patterns un peu inévitables - vécus plein de fois en direct, encore plus par procuration, et pas que devant mon poste de télévision (oui, je cite Goldman).
Il y a peu, en évoquant à une amie un éventuel problème de deux garçons également désirables en simultané dans une vie, je me suis entendue dire “Et alors ? Date”. Sourcil levé, légère incompréhension. “Comme les américains ?”. Bein oui, comme les américains. Faut dire, c’est un concept qui nous est légèrement étranger, à nous français. C’est plus anglo-saxon, comme approche. Et pourtant, le dating est une fabuleuse invention.